Football - Sécurité au stade : bientôt des policiers en survêtement à la Meinau

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Pour renforcer la présence policière au stade de la Meinau, une section d'intervention rapide a été formée ce début de semaine. Onze policiers, volontaires, pourront être déployés à l'intérieur de l'enceinte lors des matchs sous tension. C'est la dix-huitième section de ce genre créée en France.

Par Karine Gélébart

Depuis 2010, dix-sept sections d'intervention rapide (SIR) ont été créées dans les villes où le football attire du monde dans les stades. Les policiers sont recrutés dans différentes compagnies (brigade anti-criminalité, brigade d'intervention rapide) et sont amenés à intervenir ponctuellement, lorsque la situation l'exige (matchs à forts enjeux, stades où l'affluence est régulièrement importante, antécédents de rivalités entre groupes de supporters), en appui des stadiers et des forces de l'ordre mobilisées plutôt à l'extérieur des stades. Eux évoluent à l'intérieur des enceintes, en tribunes ou en bord de pelouse. Ils sont équipés de façon à pouvoir agir rapidement et discrètement : habillés en survêtements, ciglés "Police nationale", ils sont équipés d'armes dites "intermédiaires" (matraque, bombes lacrymogènes) et d'une caméra, de façon à pouvoir repérer et interpeler les éventuels fauteurs de trouble après les matchs. 

La section alsacienne est la dix-huitième sections de ce type à être créée, dans la foulée de la remontée du Racing en Ligue 1. Après avoir passé des tests de sélection, les onze policiers volontaires, issues de différentes compagnies, ont passé trois jours au stade de la Meinau pour être formés aux interventions dans ce type. 

Le public strasbourgeois n'est pas réputé pour être spécialement sensible, mais il est nombreux et fervent. / © MaxPPP
Le public strasbourgeois n'est pas réputé pour être spécialement sensible, mais il est nombreux et fervent. / © MaxPPP

Le dispositif est chapeauté par la division nationale de lutte contre le hooliganisme, dirigée par le commissaire Antoine Mordacq. Il nous explique comment et pourquoi la section alsacienne a été créée. 


Pourquoi avoir décidé de lancer ce dispositif en Alsace?
Strasbourg, dans son stade de la Meinau accueille l'une des plus grosses affluences de France. Son public n'est pas spécialement réputé pour être sensible, mais avec le retour en Ligue 1, il y a de grosses affiches, les supporters adverses à gérer aussi. On l'a vu avec la venue de Marseille en octobre. Il y a eu des incidents. C'est sur ce type de matchs qu'il faut être réactif.

Ces sections d'intervention ont-elles fait leurs preuves dans les stades où ils sont déjà déployés?
Elles ne sont composées que de 6 policiers pour chaque match, si le DDSP (Directeur départemental de la sécurité publique) estime qu'il faut anticiper d'éventuelles tensions (dispositif qui peut être renforcé d'une SIR d'une région voisine si besoin). Ils ne peuvent pas à eux seuls intervenir en cas de problème. Mais le but pour eux, c'est de désamorcer les tensions. Ils sont comme des primo-intervenants. Après les stadiers, qui restent responsables de la sécurité dans les enceintes, ce sont eux qui vont intervenir en priorité, pour éviter les débordements. Et puis de voir des policiers à l'intérieur des stades peut suffire à calmer. Il est rare d'en voir, donc si le public est habitué à eux, ça peut avoir de l'effet. Là où ils sont déjà déployés, ils sont reconnus et respectés.

Quel est leur rôle exactement?
Il commence par exemple à la palpation, à l'entrée du stade. Par exemple quand les supporters visiteurs arrivent, et sont un peu nerveux, les policiers de la SIR viennent épauler les personnels de sécurité. Ensuite, ils peuvent intervenir en tribunes, pour calmer des excités. Ou alors simplement les repérer, les filmer, pour les interpeler plus tard. Il faut parfois différer l'intervention, à la mi-temps ou la fin de la rencontre. Car le but, ce n'est pas d'envenimer des situations tendues, d'en rajouter en intervenant trop rapidement, de gêner le match. Mais d'être présents, attentifs. De se fondre dans le public.

Quel est le profil des policiers recrutés?
Ils viennent de différentes brigades, sont tous volontaires. Ca veut forcément dire que la mission les intéresse, ils connaissent le milieu du football, ou en tout cas s'y intéressent. 

Comment ont-ils été formés?
Ils ont eu trois jours de formation, d'abord pour comprendre l'esprit de ce dispositif, la doctrine qui est la nôtre depuis 2010 et la création des SIR. Quand intervenir, comment intervenir en sécurité? C'est important de comprendre. Ils se sont ensuite familiarisés avec le stade, à la Meinau. C'est un terrain d'intervention très spécial, il y a beaucoup de monde dans un endroit confiné. Chaque stade est très différent, avec des façons de circuler, d'accéder aux tribunes, très différentes. Ils ont fait des "jeux de rôles", pour se confronter aux situations qu'ils seront amenés à gérer.

Sont-ils prêts?
Ils attendent encore leurs équipements, mais ils sont prêts. C'est le DDSP qui décidera de faire appel à eux, mais l'on sait déjà que pour la venue du PSG, le 3 décembre, ils seront dans le stade.

La réception du PSG sera le premier test pour la SIR de Strasbourg. Pour les matchs à domicile suivants, c'est le DDSP qui décidera dans la déployer, en fonction de l'enjeu et de l'affluence des rencontres. / © RCSA
La réception du PSG sera le premier test pour la SIR de Strasbourg. Pour les matchs à domicile suivants, c'est le DDSP qui décidera dans la déployer, en fonction de l'enjeu et de l'affluence des rencontres. / © RCSA


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