Idée de sortie: les Strausswirtschaften, des bistrots éphémères chez les viticulteurs allemands

Les Straußwirtschaften: suivez les balais, vous arriverez à l'auberge! / © Gregory Fraize, FranceTV
Les Straußwirtschaften: suivez les balais, vous arriverez à l'auberge! / © Gregory Fraize, FranceTV

S'inviter chez le vigneron : une façon agréable de profiter de l'automne. Les viticulteurs allemands bénéficient, depuis Charlemagne, d'une exception culturelle: ils ont le droit d'ouvrir quatre mois par an un bistrot à domicile. Au menu, la production locale uniquement. Seul interdit: la bière.

Par Daniel Gerner

Connaissez-vous le mot allemand gemütlich? Sa traduction littérale serait confortable. Mais c'est un peu plus que cela. Agréable, comme à la maison, accueillant... Les clients allemands recherchent un peu tout ça, quand ils vont dans une Straußwirtschaft. Et pour les trouver, il faut suivre les balais...

Images: Gregory Fraize.

C'est une tradition bien ancrée dans toutes les régions germanophones. Depuis 812 et un certain Charlemagne, les viticulteurs possèdent le droit d'ouvrir leur propre bistrot. Enfin, ça, c'est pour la légende. Personne n'a retrouvé trace de ce décret. Dans les faits, chaque région administrative, chaque Land en ce qui concerne l'Allemagne, régule cette pratique localement.

Bière interdite


En Bade Wurtemberg, les conditions sont simples: ne pas ouvrir plus de 4 mois par an, en deux sessions maximum, généralement au printemps et en automne, servir des produits simples et - autant que faire se peut - locaux, type planches de charcuteries ou tartes flambées. Interdiction absolue de servir de la bière!

Pour la paperasse, c'est tout aussi simple: il suffit au viticulteur de se déclarer deux semaines avant l'ouverture en mairie. Ce qui rend la traque de la Straußwirtschaft parfois épique. Les bonnes adresses circulent de bouche à oreille. Des cartes interactives et des guides spécialisés (payant) fleurissent sur internet pour les localiser, et surtout localiser leurs horaires d'ouverture, qui sont bien sûr fluctuants. Dans le pays de Bade on estime leur nombre entre 80 et 150.

L'important, c'est le balai


La Straußwirtschaft ou  Besenwirtschaft doit son nom à son enseigne. Pour signaler ces auberges éphémères, les paysans accrochaient un balai (Besen) décoré de bouquets (Strauß) de fleurs séchées devant leur granges. Une légende prétend qu'il s'agirait là d'une allusion directe au caractère éphémère du lieu: le balai était utilisé pour nettoyer la grange avant l'ouverture et après la fermeture. Nettoyage auquel les clients étaient invités à participer.

Pour de nombreux viticulteurs cette activité secondaire permet d'écouler une partie de leur production directement auprès du consommateur. Beaucoup cherchent à se distinguer en agrémentant leur carte de pain fait maison, de truites, de vin de pommes ou d'autres spécialités... Dans tous les cas il s'agit d'un revenu d'appoint non négligeable: certains finissent par sauter le pas et deviennent restaurateurs à temps complet.

La chasse est ouverte!

© MaxPPP
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