Indignation autour d'une invitation à pique-niquer au Struthof

© Maxppp
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Un projet de pique-nique organisé au camp de concentration du Struthof-Natzweiler suscite la polémique. Lancé sur facebook, l'événement a suscité de nombreux commentaires antisémites. Une enquête a été ouverte.

Par Caroline Moreau

L'invitation avait été lancée sur facebook par deux personnes : "Visite + pique-nique au Struthof" prévue pour le 3 avril de 11h à 14h. 
L'événement est désormais supprimé du réseau social, mais nous avons pu nous procurer plusieurs captures d'écran :

Ce n'est pas tant l'invitation que les commentaires qu'elle suscite qui vont provoquer la polémique. Dans les jours qui suivent la publication de cette annonce, certains commentaires racistes et antisémistes vont se multiplier, comme en attestent ces captures :

Une invitation à pique-nique au Struthof dérape sur Facebook

 Le 20 mars, Thierry Roos, membre du consistoire israélite de Strasbourg, est alerté au sujet de cette publication et prend connaissance des commentaires qui y sont liés. Il en sauvegarde quelques-uns avant que l'événement ne soit supprimé par le réseau social en raison de ces propos porteurs "d'incitation à la haine".

Le consistoire a saisi le procureur de la République de Saverne. Il a ouvert une enquête pour "apologie de crimes contre l'humanité" et "provocation à la haine ou à la violence". La première tâche des enquêteurs va être de mettre une identité sur les initiateurs et les auteurs des commentaires litigieux de la publication.

Une invitation à pique-nique au Struthof indigne
Reportage de Sylvie Malal et Jérôme Gosset // Intervenants : Raphaël Nisand, Avocat ; Thierry Roos, Elu au consistoire israélite de Strasbourg - France 3 Alsace

Un des auteurs s'excuse

Quelques jours après la saisine de la justice, dans la soirée du 1er avril, un message d'excuses a été posté sur le compte de l'internaute qui semble être à l'initiative de cette invitation. La photo de profil laisse à penser qu'il s'agit d'un jeune adolescent. Il présente "ses plus sincères excuses", expliquant  que "tout [...] devait être pris au second degrè" :

Qu'il s'agisse de véritables provocations ou de bêtises d'adolescents, l'apologie de crimes contre l'humanité et la provocation à la haine ou à la violence sont des délits passibles de cinq ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende.

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