Thomé-Génot (08) : Cinq ans requis contre les anciens dirigeants pour le “pillage” de la société

© Xavier Claeys - France 3 Champagne-Ardenne
© Xavier Claeys - France 3 Champagne-Ardenne

Le ministère public a requis cinq ans d'emprisonnement contre les anciens dirigeants américains de Thomé-Génot, sous-traitant automobile de Nouzonville (Ardennes), accusés de banqueroute par détournement et d'abus de biens sociaux. Le jugement a été mis en délibéré au 10 novembre.

Par Avec AFP.

Les deux anciens patrons américains de l'entreprise de métallurgie, toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt international, étaient à nouveau appelés à la barre ce jeudi au tribunal correctionnel de Reims. Ils étaient accusés de banqueroute et d'abus de biens sociaux ayant conduit au licenciement de 316 salariés en 2006, vendredi à Reims (Marne).


Catherine Felch et Craig Willis , les deux ex-dirigeants qui avaient repris cette entreprise ardennaise sont accusés de l'avoir sciemment fait couler entre 2004 et 2006 mettant au chômage 320 salariés. 

Ces derniers ont été condamnés en 2009 à :
  • Cinq ans de prison ferme
  • Cinq ans d'interdiciton de gérer
  • Vingt millions d'euros de dommages et intérêts pour banqueroute et abus de biens sociaux.

Mais une erreur de procédure avait entaché le procès.

Une peine qui n'a jamais pu être transférée en droit américain.

"Restera encore une fois l'application de la peine...",

a soufflé Romain Ducrocq, le représentant du ministère public, dénonçant dans ses réquisitions "le pillage de la société".

Absents à l'audience, les deux prévenus, résidant aux Etats-Unis et sous le coup d'un mandat d'arrêt international, n'ont jamais répondu à la convocation de la justice française.

En 2004, le tribunal de commerce de Charleville-Mézières avait cédé l'entreprise à la société américaine de consulting Catalina, pilotée aussi par le duo Willis-Felch, qui avait promis la sauvegarde des emplois et "3 millions d'euros d'investissement sur 5 ans", a rappelé Tiffanie Reiss, la présidente du tribunal.

Au lieu de ça, "la revente des actifs de la société pour être réinvestis à l'étranger" en vue d'une délocalisation au Mexique, des prestations de Catalina à ATG "facturées très chères", ainsi que la vente à perte, ont précipité l'agonie de cet ancien fleuron industriel des Ardennes, a-t-elle listé.
Thomé-Génot, leader mondial des pôles d'alternateurs et fournisseur exclusif de Ford, a été liquidée en 2006 pour cause de déficit et de
trésorerie exsangue.

"Pour moi, l'entreprise était déjà morte. Ca aurait été jeter de l'argent par la fenêtre" que d'investir, a essayé de défendre le seul témoin, un expert comptable retraité ayant établi des rapports sur la santé d'ATG à la demande des dirigeants.

"Ils sont venus, ils se sont gavés et ils sont repartis. On a saigné cette entreprise jusqu'à la dernière goutte", a estimé Me Pierre Blocquaux, avocat des collectivités, parties civiles aux côtés d'anciens salariés.


Le jugement a été mis en délibéré au 10 novembre.

Ardennes Forge, ex-Thomé-Génot

Fleuron de l'industrie  Ardennaise

Ardennes Forges, ex-Thomé Génot spécialisé dans la fabrication de pôle d'alternateur pour l'automobile a défrayé la chronique des liquidations judiciaires, victime de « Patrons voyous » entre 2006 et 2008.

Ardennes Forges aujourd'hui, c'est 47 ex-salariés qui doivent rembourser les dommages et intérêts qu'ils ont perçus en 1ère instance suite à la liquidation de l'entreprise et qu'ils doivent rendre suite à une décision de justice en appel après.

L'association des Indignés d'Ardennes Forges attend toujours la réponse des AGS, l'assurance garantie des salaires. Derrière cette affaire, c'est tout un département qui soutien ces anciens ouvriers.

Sophie Dumay, Xavier Claeys, Nathalie Baliguet signent le Grand Format de la rédaction sur les Ardennes Forges. Un reportage qui sera diffusé sur France 3 Champagne-Ardenne samedi 7 octobre.

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