“Mamie jihad”, une mère de jihadiste jugée pour ses voyages en Syrie aujourd'hui et demain à Paris

© Christine Rivière est jugée ce jeudi et ce vendredi au tribunal correctionnel de Paris / LOIC VENANCE / AFP
© Christine Rivière est jugée ce jeudi et ce vendredi au tribunal correctionnel de Paris / LOIC VENANCE / AFP

Christine Rivière, une Troyenne de 51 ans, comparaît au tribunal correctionnel de Paris aujourd'hui et demain pour association de malfaiteur en vue de la préparation d'actes de terrorisme. Elle avait son fils en Syrie lors de deux voyages en 2013 et 2014.

Par F.M. avec AFP

"J’étais avec d’autres musulmans et je me sentais bien. Je préfère vivre en Syrie plutôt qu’en France, malgré les bombardements et les tirs", a déclaré Christine Rivière devant le juge d'instruction en 2014 lors de son interpellation. A 51 ans, la Troyenne est jugée ce jeudi et ce vendredi pour association de malfaiteur en vue de la préparation d'actes de terrorisme. En cause, ses trois voyages en Syrie en 2013 et 2014 pour rejoindre son fils Tyler Vilus, émir de l'organisation Etat islamique (EI). Et de poursuivre : "Je voulais profiter de mon fils jusqu’à ce qu’il soit mort."

Une mère endoctrinée


Surnommée "Mamie jihad", Christine Rivière a "pleinement adhéré" à l'idéologie fanatique de son fils parti combattre en Syrie en 2011.

Plus qu'inspirée par son fils, cette mère de deux enfants –son premier fils de n'est pas converti à l'Islam- est notamment accusée d'avoir apporté un soutien financier à Tyler. Ce dernier avait finalement été arrêté en Turquie avec un passeport suédois, un vrai passeport probablement issu du stock de documents d'identité confisqués par l'EI, selon l'AFP, puis extradé en juillet 2015 vers la France.

C'est le 2 juillet 2014, que la Troyenne avait été interpellée au domicile de son fils aîné alors qu'elle s'apprêtait à repartir en Syrie. Christine Rivière n'a jamais caché son intention de retrouver Tyler, dont elle a affirmé partager l'engagement religieux radical.

"C'est normal"


Même si elle a contesté avoir apporté un soutien à l'organisation terroriste ou avoir elle-même combattu en Syrie, des photos d'elle en armes ont été retrouvées par les enquêteurs. "Je suis une mère qui va voir son fils, c’est normal. Je porte une kalachnikov pour me défendre, comme tout le monde là-bas, j’envoie de l’argent à mon fils, ça aussi, c’est normal", a-t-elle lâché lors de ses interrogatoires auxquels le journal Le Monde a eu accès.

Les enquêteurs ont décrit une mère ayant un "rapport fusionnel" avec son fils, dont elle n'a cessé d'encourager l'engagement jihadiste. Sur les réseaux sociaux, la Champenoise est identifiée comme "Oum Abdallah" - la mère d'"Abdallah", un des alias de son fils - et partage des images de propagande d'une rare violence, dont des scènes de décapitation.

Christine Rivière est aujourd'hui la doyenne de la trentaine de femmes revenues de Syrie et incarcérées en France. Selon la justice française, sur le millier de Français partis en zone jihadiste irako-syrienne, environ 300 y sont morts et 700 adultes (dont 300 femmes) s'y trouvaient encore en juin, avec quelque 400 enfants.

Christine Rivière encourt jusqu'à dix ans de prison. Son fils Tyler, dont le dossier est encore à l'instruction, sera jugé plus tard.

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