La Champagne-Ardenne n'enverra pas de député FN à l'Assemblée Nationale. Tous les candidats Front National du territoire ont été battus au second tour des élections législatives. Pourtant, ils étaient 6 à avoir atteint le second tour, souvent avec des scores relativement confortables. 

Frédéric Fabre, dans la 2e circonscription de Haute-Marne signait par exemple dimanche 11 juin le meilleur score FN de Champagne-Ardenne avec presque 30 % des voix. Il s'est donc retrouvé en duel avec l'indébounnable François Cornut-Gentille, député sortant LR. Indéboulonnable, François Cornut-Gentille l'est resté puisqu'il a été réélu, mais Frédéric Fabre obtient tout de même un score honorable de 9 902 voix (près de 40% des suffrages), soit un peu plus qu'au premier tour. 

Voilà qui fait dire à notre politologue, Olivier Dupéron, que, mine de rien, le Front National continue de s'ancrer sur notre territoire, et que même s'il n'envoie aucun député à l'Assemblée, il a su mobiliser les électeurs. 

Autre exemple dans la Marne, où trois député FN se sont battus au second tour. Baptiste Philippo, qui faisait face au candidat LREM s'en est sorti aussi avec 40,03% des voix. Thierry Besson (33,12%) et Thomas Laval (28,43%) s'en sortent moins bien. Il faut dire qu'il se sont retrouvés face à une droite qui a particulièrement su mobiliser ses électeurs, et une gauche prête à soutenir l'ennemi pour faire barrage au Front National. 

D'ailleurs, dans les Ardennes aussi, la droite semble avoir été le rempart au Front National puisque c'est le député sortant LR Jean-Luc Warsmann qui l'a emporté, Amandine Blomme (FN) ne réalisant que 25,28% des voix. 

Dernier élément qui signe définitivement l'installation du Front National en Champagne-Ardenne, c'est ce candidat FN, Bruno Subtil, qui se maintient dans la course à la députation malgré sa troisième position au 1er tour, faisant naître dans la 1ère criconscription de l'Aube la seule triangulaire de l'Héxagone. Une triangulaire qui n'a pas favorisé le député sortant LR Nicolas Dhuicq : il s'est incliné face au candidat LREM Grégory Besson-Moreau.

Preuve,s'il en fallait encore une, que le parti de Marine Le Pen peut encore jouer les trouble-fête dans le paysage politique de notre région.