Laurent, ancien SDF devenu cireur de cuir, se bat pour ne pas retourner à la rue

Laurent Delahaye fait briller les chaussures des Strasbourgeois. / © David Marcelin / F3 Alsace
Laurent Delahaye fait briller les chaussures des Strasbourgeois. / © David Marcelin / F3 Alsace

Les Strasbourgeois ont peut-être croisé dans la rue Laurent Delahaye et son triporteur. Depuis deux ans, il cire et entretient chaussures, canapé ou manteau. Un quotidien, parfois difficile, pour cet ancien SDF qui se bat tous les jours pour continuer à travailler et ne pas retourner à la rue.

Par LC

Laurent Delahaye aime les chaussures. Il les cajole, les cire, les entretient afin de les aider à affronter l'hiver. Depuis deux ans, il s'est installé, avec son triporteur Le petit coin cirage, vers la cathédrale de Strasbourg. Mais Laurent n'a pas toujours été cireur de rue. 

Un parcours difficile


L'histoire de Laurent n'a rien d'un conte de fées. Ce nordiste a tout connu dans la vie : une enfance douloureuse, puis un tour de France des petits boulots au gré des saisons, la vie dans les foyers et surtout sept ans dans la rue

Et un jour, le déclic se fait : " Je faisais la manche au pied d'un bureau de tabac. Et c'est en regardant les pieds des gens que j'ai eu l'idée de cirer les chaussures et d'en faire mon métier. Le buraliste m'a prêté 50 euros, j'ai acheté du matériel et l'aventure a commencé".

Une aventure qui lui a permis de sortir de la rue et de retrouver une fierté perdue. Mais à 4 euros le cirage d'une paire de chaussure, survivre reste une bataille de tous les instants… surtout les jours de pluie : "je passe ma journée à faire 0, que dalle. On ne peut pas cirer une paire de chaussures mouillées. Quand elle sèche le lendemain, ça fait des auréoles blanches".

Laurent Delahaye entretient une selle, à la ferme de la Ganzau. / © David Marcelin
Laurent Delahaye entretient une selle, à la ferme de la Ganzau. / © David Marcelin

Des chaussures, mais pas que ! 


Alors pour essayer de s'en sortir, Laurent est obligé d'élargir ses services : "[A la ferme de la Ganzau, ndlr], je gagne un petit peu plus que de passer ma journée dans la rue, à attendre le client. J'aime être ici."

Très lucide, l'homme sait qu'il n'a pas le choix : "Si je ne fais que des chaussures, ce n'est même pas la peine ! Il faut vraiment que je fasse du lourd : du canapé, des intérieurs de voiture, de la sellerie..." 

Si vos chaussures font grise mine, et qu'il ne pleut pas, une seule adresse : Le petit coin cirage, au 14 rue du Vieux-Marché-aux-Poissons à Strasbourg. Un peu de cire sur vos souliers, et du baume au coeur pour Laurent qui n'a qu'une peur : que la galère redevienne son quotidien et la rue son domicile. 


Reportage de David Marcelin, Xavier Ganaye et Jérôme Gosset




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