Migrants du camp de Strasbourg : “nous avons espoir qu'une évacuation serait l'ultime solution”

© France 3 Grand Est
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Saisir la justice, c'est la décision prise par Strasbourg pour gérer le camp rue des Remparts à Strasbourg. L'adjointe à la mairie s'explique : c'est une façon de faire résonner la sonnette d'alarme. 

Par Cathy Dogon

Nous sommes actuellement dans un processus de dialogue avec les institutions et les demandeurs d'asile au cas par cas. La procédure nous poussera à être plus ferme à un moment, mais nous avons encore un certain temps.

Marie-Dominique Dreyssé, adjointe à la mairie de Strasbourg, a de l'espoir, dit-elle.

La ville a assigné en référé les personnes recensées sur le camp de la rue du Rempart, derrière la gare de Strasbourg. Depuis deux mois, "un turn-over de demandeurs d'asile, essentiellement issus des Balkans" s'y installe. Une cinquantaine de personnes y séjournerait actuellement.


Ce jeudi, Strasbourg avait fait connaître par communiqué sa façon de faire avancer les choses : saisir la justice.


L'adjointe l'assure : "cette procédure acte de manière claire notre politique : nous n'acceptons pas que des personnes vivent dans un bidonville sur notre territoire". Preuve de la bonne volonté de la ville, des aménagement ont été faits sur ce terrain avec l'installation de toilettes sèches. Les employés municipaux s'y rendent aussi régulièrement pour prélever les déchets, et la mise en place d'un point d'eau est en réflexion. 

Je ne peux pas dire qu'il n'y aura pas d'expulsion. Il n'y en a pas encore eu sur le territoire aujourd'hui. Et puis de tout façon, où iraient tous ces gens ? Nous espérons ne pas avoir recours à ce procédé. 


Pour cela, Marie-Dominique Dreyssé espère résorber le problème en amont, notamment avec l'aide des "services de l'Etat". Selon elle, les différentes instances sont maintenant au courant de la situation, et le département, notamment, va pouvoir mettre en place des dispositifs. Une répartition sur l'ensemble de la grande région a été évoquée. Cette situation doit être résolue, avant que l'administration ne soit dépassée par un nombre trop important de personnes installées sur ce camp.

Une saturation des hébergements d'urgence dans le Bas-Rhin

250 à 300 personnes arrivent tous les mois sur le territoire.


dénombre l'adjointe à la mairie de Strasbourg. Du côté de la préfecture, on constate une augmentation de 42% du nombre d'arrivées, en un an. Et pour ces migrants, peu de solutions. Comme leur situation est irrégulière, ils n'ont quasiment aucun droit. Une fois l'asile demandé, certaines portes s'ouvrent, mais pas pour tout le monde. "Les Balkans sont considérés comme des pays sûrs selon l'Union Européenne. Même pour eux, les requêtes aboutissent rarement". 

Marie-Dominique Dreyssé raconte qu'un couple du campement, derrière la gare, aurait été admis à l'hôtel ce jeudi. 

3 000 places d'hébergements existeraient aujourd'hui dans le département du Bas-Rhin. 1 300 seraient des couchages en hôtel. 95% de ces personnes seraient concentrées sur l'Eurométropole, selon les chiffres de Marie-Dominique Dreyssé. 

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