Ouverture du procès en appel de la filière djihadiste du Bas-Rhin

Croquis d'audience du procès en première instance / © Gally
Croquis d'audience du procès en première instance / © Gally

Sept Alsaciens poursuivis pour être allés en Syrie entre 2013 et 2014 sont jugés en appel à Paris à partir de ce 15 mars à la demande du ministère public.

Par avec AFP

Le ministère public avait fait appel après la condamnation des sept Alsaciens à des peines de six à neuf ans de prison ferme en juillet dernier, en première instance (Un procès que vous aviez alors pu suivre à travers notre grand format). Le tribunal n'avait alors pas suivi les réquisitions, qui allaient jusqu'à dix ans de prison, la durée maximale prévue pour le délit d' "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".
Le procureur avait justifié cette sévérité par l'"extrême dangerosité" selon lui des prévenus, âgés d'une vingtaine d'années, poursuivis pour un séjour en Syrie entre décembre 2013 et avril 2014.

Le procès en appel se déroule jusqu'au 29 mars, à raison de trois audiences par semaine.

Le frère de l'un des tueurs du Bataclan


Ces procès de "filières" djihadistes ne sont pas exceptionnels. Il est devenu fréquent que des personnes comparaissent pour avoir effectué des séjours en zone irako-syrienne.
L'affaire des sept Bas-Rhinois avait toutefois suscité un intérêt particulier en raison de la présence sur le banc des prévenus d'un homme : Karim Mohamed-Aggad. Le frère de Foued Mohamed-Aggad, l'un des assaillants du Bataclan, qui était du même voyage en Syrie que son frère Karim, mais qui avait, lui, prolongé son séjour aux côtés du groupe Etat islamique. 

Les accusés répartis en deux boxes

Lors du premier procès de juin 2016, qui a duré dix jours, le groupe de Strasbourgeois est apparu scindé en deux. D'un côté, quatre prévenus arborant une barbe fournie et un sourire parfois goguenard, dont Karim Mohamed-Aggad, décrit comme l'un des meneurs du groupe. Ce sont ces quatre hommes qui ont effectué le séjour le plus long en Syrie, et qui ont écopé des peines les plus lourdes: neuf ans de prison pour Karim Mohamed-Aggad, huit ans pour ses trois compagnons. 
Les trois autres, joues rasées et mines plus sombres, se sont efforcés de convaincre le tribunal qu'ils avaient tourné la page. Ils ont écopé en première instance de sept ans de prison pour deux d'entre eux, six pour le troisième.


Notre compte-rendu du jugement rendu en première instance (6 juillet 2016)




Tous les prévenus ont assuré qu'ils étaient partis "combattre" le régime syrien, à l'initiative de leur recruteur Mourad Fares, mais qu'ils n'avaient pas voulu spécifiquement rallier l'EI.
Ils seraient rentrés en France après avoir constaté que les groupes rebelles s'entre-déchiraient. Certains prévenus ont eu à nouveau affaire à la justice depuis le premier procès. Les frères Ali et Mohamed Hattay ont récemment été condamnés pour des téléphones portables saisis en détention.


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