En 110 ans d'existence, le Racing Club de Strasbourg a connu de grands moments de joie et des périodes plus sombres. Des succès éblouissants et des échecs cuisants. Des états de grâce et des crises profondes. Mais inutile de remonter si loin dans l'histoire de ce club qui fait vibrer l'Alsace entière depuis des décennies : la dernière suffit pour comprendre ce qu'il a d'attachant et de désespérant.

Du CFA2 à la Ligue 1, il a tout connu : une liquidation judiciaire, quatre montées en six ans, des records d'affluence incroyables dans son vieux stade de la Meinau... Une ferveur populaire qui en fait son essence, et ce depuis toujours. Retour sur cette décennie riche en émotions.

2008 - L'adieu à la Ligue 1, le début de la descente aux enfers

© MaxPPP
© MaxPPP

 

La 2e division, le Racing la connaissait déjà pour y être passé à plusieurs reprises dans son histoire, à chaque fois plutôt brièvement - la période la plus longue nous replonge à l'orée des années 1990 (il y passa 5 saisons entre 1986 et 1992).

Il y a 10 ans exactement, les Cassard, Bellaïd, Abdessadki, Mouloungi, Johansen et Cohade, emmenés par JPP (Jean-Pierre Papin), parviennent à réjoindre l'élite un an seulement après l'avoir quittée. Les Strasbourgeois pensent alors une nouvelle fois être parvenus à rebondir.

Dernières images de joie, avant de rejoindre l'enfer : 
2007 - dernière montée du Racing

Las, son prestigieux entraîneur, en désaccord avec le président Ginestet, quitte le club durant l'été, remplacé par Jean-Marc Furlan.
Alors que la saison 2007/2008 démarre plutôt bien, elle s'achèvera sur un triste record de 11 défaites de rang et une inévitable descente en Ligue 2.

Une défaite contre Metz, et le trou noir

C'est un véritable cauchemar dans lequel vont tomber les hommes de Jean-Marc Furlan ce 8 mars 2008 : ils jouent la 28e journée, calé dans le ventre mou du classement, à la 11e place, en accueillant le meilleur ennemi, le voisin Metz. En s'inclinant 3 buts à 2, à la Meinau, les Strasbourgeois ne savent pas encore qu'ils ne marqueront plus un point de la saison, enchaînant 11 défaites de rang pour échouer à l'avant-dernière place du championnat. Du jamais-vu.
                       RCS 2 - 3 Metz
                       Bordeaux 3 - 0 RCS
                       RCS 0- 1 Lille
                       PSG 1 - 0 RCSA
                       RCS 0 - 2 Monaco
                       Valenciennes 2 - 0 RCS
                       RCS 2 - 1 Lyon
                       Rennes 3 - 0 RCS
                       Nancy 3 - 0 RCS
                       RCS 1 - 4 Caen
                       Marseille 4 - 3 RCS

Première descente d'une longue série, sur le plan sportif ou administratif, puisqu'aux déboires sur le terrain va s'ajouter une instabilité destructrice en coulisses.

2009 - 2012 - La valse des présidents, instabilité chronique en coulisses

© France 3 Alsace
© France 3 Alsace

 

La descente en national

Une période trouble s'installe où le terrain est régulièrement occulté par les coulisses et le Racing fait davantage parler de lui pour ses troubles extrasportifs que par ses succès footballistiques.

Après le fiasco Furlan, chargé, sans succès, de faire remonter le club dans l'élite juste après l'avoir quittée, fin 2008, le Racing rappelle sa vieille gloire, Gilbert Gress. Mais la mayonnaise ne prend plus avec la nouvelle génération, le Racing termine la saison 4ème à seulement un point de la montée.

C'est Pascal Janin qui est finalement nommé pour aborder la saison 2009/2010. Fragilisée par ses dirigeants, l'équipe poursuit le cauchemar et descend pour la première fois de son histoire en National (18ème de ligue 2). Le club est déjà menacé d'une relégation administrative en CFA, qui surviendra finalement un an plus tard.

Gilbert Gress, puis Pascal Janin n'auront pas réussi à sauver le RCS d'une relégation en National. / © MaxPPP
Gilbert Gress, puis Pascal Janin n'auront pas réussi à sauver le RCS d'une relégation en National. / © MaxPPP

Le mystérieux "monsieur Jafar"

La présidence de Philippe Ginestet (2005-2009) n'avait déjà pas été un long fleuve tranquille, mais son départ a précipité le club dans une période d'instabilité dévastatrice.

Léonard Specht, un historique du club, fidèle d'entre les fidèles, accepte dans un premier temps de le présider, avant de laisser les commandes à des hommes de dossiers, venus tenter de remettre le club en marche : Julien Fournier, passé par l'Olympique de Marseille, Luc Dayan, ancien président de Nantes, et Jean-Claude Pessis, l'homme du FC Sochaux. Tous les trois s'y casseront les dents.

© MaxPPP
© MaxPPP

Car un homme, déjà, tire dans l'ombre les ficelles. Financières d'abord. Le mystérieux "Monsieur Jafar", évoqué ainsi lors d'une conférence de presse en décembre 2009 lorsque Julien Fournier gère la vente du club par Philippe Ginestet.

© MaxPPP
© MaxPPP
Jafar Hilali, président de Carousel Finance SA, une société basée à Genève et Londres, spécialisée dans le conseil et la gestion d'actifs financiers, se cache d'abord derrière un autre inconnu du football français, Alain Fontenla. Mais c'est lui, déjà, qui décide. Comme si la finance l'ennuyait, il a besoin d'un joujou dans le sport, et a jeté son dévolu sur le Racing.


Jafar Hilali, l'homme qui a assassiné le Racing

Jafar Hilali ne sortira de l'ombre qu'en novembre 2010 lorsqu'il prend lui-même la présidence du Racing. On ne le verra que très peu aux abords de la Meinau, mais il devient très vite la cible de toutes les rancoeurs des supporters, multipliant les coups d'éclat médiatiques tous plus ubuesques les uns que les autres : menaces de fermer le quart-de-virage réservé au kop pour plusieurs matchs, projet de construction démesuré d'un stade à Eckbolsheim, annonce d'un match à huis-clos pour l'ultime journée du championnat pour laquelle le président Hilali promet d'arriver en hélicoptère sur la pelouse !

Il ira encore plus loin dans la provocation en proposant publiquement de verser une prime de 200.000 euros aux joueurs de Rouen s'ils battent Guingamp et permettre ainsi aux Strasbourgeois de monter en Ligue 2. Il est évidemment rappelé à l'ordre par la Fédération française de football.

© MaxPPP
© MaxPPP
Financièrement, le fantasque président ne joue pas vraiment son rôle non plus, puisqu'à l'issue de la saison 2010/2011, au cours de laquelle les Strasbourgeois échouent à revenir en Ligue 2, la DNCG (Direction national de contrôle de gestion), organe qui contrôle la situation financière des clubs, décide de reléguer le Racing en CFA, le 4e échelon du football français, faute de garanties.

Jafar Hilali a lui déjà lancé la vente du club. En ultime pied de nez, après que Sébastien Graeff, un homme d'affaires alsacien a abandonné l'idée d'un rachat, Hilali le cède pour un euro symbolique à Thomas Fritz, supporter qui croit en un club de socios, où les fans pourraient racheter, et donc diriger le Racing. Le conseil de surveillance refusera son arrivée, et demande la nomination d'un administrateur. 

De la pelouse au tribunal : le Racing en CFA2

Et c'est bien entre les mains de la justice que le destin du Racing prend sa tournure la plus dramatique. Le 8 juillet 2011, alors que la DNCG a confirmé la rétrogradation du club en CFA, il est placé en redressement judiciaire et perd son statut professionnel.
C’est l’existence même du club qui est en danger : la liquidation judiciaire de la SASP, la section professionnelle du club, est prononcée le 22 août…

Deux jours plus tard, le club touche aussi le fond sportivement, avec une rétrogradation en CFA2, alors que Laurent Fournier, nommé entraîneur à l'été 2010, avait échoué à la remontée en Ligue 2 pour 3 petits points, le Racing finissant à la 4e place du classement de National.


Les Keller au chevet du Racing

Les Keller au chevet du Racing
Les Keller au chevet du Racing

 

Lorsque le Racing touche le fond cet été 2011, un Alsacien décide d'abord de se lancer dans son sauvetage : Frédéric Sitterlé. Originaire de Blodelsheim et fort d'une réussite professionnelle dans le monde du numérique, c'est lui qui démarre la saison en CFA2 à la tête du club. Il charge François Keller, alors entraîneur de la réserve, de monter une équipe en un mois, les joueurs pros ayant bien entendu tous quitté le club.
Frédéric Sitterlé était présent en 2011, lorsque le club a démarré sa saison de CFA2. / © MaxPPP
Frédéric Sitterlé était présent en 2011, lorsque le club a démarré sa saison de CFA2. / © MaxPPP

C'est sur la pelouse de Forbach que le Racing reprend le cours de son histoire, au 5e échelon du football français, un après-midi d'août 2011. Avec des joueurs comme David Ledy, Anthony Sichi, Gauthier Pinaud, Milovan Sikimic, Francesco Donzelot, les Strasbourgeois entament leur renaissance sportive.

Avec son équipe constituée en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, François Keller et ses hommes partent à l'abordage d'un championnat que même l'équipe réserve ne cotoyait plus : le CFA2, 5e échelon du foot français. Seuls Pontarlier et Illzach sauront faire chuter le monstre de la poule, et le Racing atteint la barre des 100 points pour décrocher le titre de champion qui lui permet de franchir la première étape de sa reconquête.

Les Strasbourgeois auront cette saison affronté 4 autres clubs de la région au passé bien moins glorieux : Illzach donc, mais aussi Saint-Louis, Schiltigheim et Steinseltz. Ils terminent la saison en tête de leur groupe et montent logiquement en CFA.

Montée en CFA - mai 2012

En coulisses pourtant, guère d'amélioration. Frédéric Sitterlé n'ira pas au bout de son projet, il a jeté l'éponge au bout de 2 mois.

Un Keller peut en cacher un autre


C'est un autre Keller, Marc, l'aîné de la fratrie, qui s'active pour rebâtir un vrai projet de long terme. Il a joué sous les couleurs strasbourgeoises entre 1991 et 1996, puis en a été le manager entre 2001 et 2006.

Autour de lui se fédère un groupe de dix actionnaires, fidèles du club et de l'Alsace, parmi lesquels l'ancien président Egon Gindorf, le joueur des grandes heures Ivan Hasek, les chefs d'entreprises Patrick Adler, Pierre Schmidt ou encore le champion automobile Sébastien Loeb.

Le Racing leur est vendu un euro symbolique et la présidence est attribuée à Marc Keller le 24 juin 2012, alors que l'équipe retrouve à peine le CFA.


Marc Keller, le joueur et le dirigeant

Né à Colmar en 1968, l'attaquant débute sa carrière au FC Mulhouse, avant de rejoindre le grand rival strasbourgeois en 1991. Il participe à la montée et la stabilisation du club en Division 1, et devient l'un des chouchous de la Meinau. C'est à cette époque qu'il porte pour la première fois le maillot de l'équipe de France (6 sélections entre 1995 et 1998).
Lors de sa dernière saison en Ciel et Blanc, il est rejoint par son frère François, passé lui par les SR Colmar.
Sa carrière se poursuit alors à Karlsruhe, puis en Angleterre, à West Ham (en Premier League), Portsmouth et Blackburn. Il remporte 2 coupes d'Europe (Intertoto) avec Karlsruhe et West Ham.

En 2001, à peine retraité des terrains, lui qui est aussi diplômé en économie et gestion, est appelé par Patrick Proisy, alors président du RCS, pour devenir manager général du club. Il participe à la revente du club à l'investisseur américain IMG et restera l'homme fort du Racing jusqu'en 2006, menant une politique de formation de qualité qui fera émerger les Gameiro, Schneiderlin, Bellaïd...

Il mènera ensuite aux destinées de l'AS Monaco comme directeur général entre 2006 et 2008, puis de 2009 à 2011. Avant de revenir sur ses terres strasbourgeoises pour le succès que l'on connaît.


La "remontada" : quatre montées en 6 ans !

© MaxPPP
© MaxPPP

 

Lorsque le club tombe en CFA2, à l'été 2011, personne n'imagine sans doute que 6 ans plus tard, déjà, il aura regagné l'élite. De l'enfer au paradis, six saisons dont quatre auront été parfaitement maîtrisées, ou tout du moins couronnées de succès.

Sortir du monde amateur

En CFA, Mulhouse et Sarre-Union croiseront à leur tour le chemin des Ciel et Blanc. La base de l'effectif reste la même, Ledy, Donzelot ou Sikimic pour ne citer qu'eux, restent fidèles à François Keller. Noro, Genghini ou Benedick viennent renforcer l'équipe, dans un championnat pas évident à maîtriser, dans lequel seul le premier accède au National.

Il faudra attendre l'ultime match, dans une "finale" (organisée à Epinal pour accueillir les supporters du Racing), face à Raon l'Etape, pour valider le titre de champion et la montée. Une victoire 3 buts à 2 pour une joie à la hauteur du suspens.

Montée en National - juin 2013


L'ENFER DU NATIONAL

Le national est un championnat qui mêle la rugosité du monde amateur et les sirènes du football professionnel, onctueux mélange de gloires passées et de jeunes ambitieux. Strasbourg va y lutter pendant 3 saisons avant de s'en extirper.

En 2013/2014, le Racing va se prendre une première claque. Renforcé par des recrues comme Liénard, Grimm ou Sow, qui ne sont pas des habitués des sommets français, bien au contraire, le groupe emmené par François Keller joue le maintien.

Malgré Jacky Duguépéroux appelé pour créer l'électrochoc en milieu de saison, le club termine à une piètre 16e place... Il est relégable ! Il est cependant sauvé d'un nouveau purgatoire en CFA grâce aux descentes administratives de Luzenac et Carquefou. Cette même année, les SR Colmar terminent 4e, échouant de peu à son propre destin en Ligue 2.

La saison suivante se passe bien mieux. Avec des recrues comme Jean-Philippe Sabo, Jérémy Blayac, Ernest Seka, Stanislas Oliveira ou encore les gardiens Gauclin et Oukidja, les Strasbourgeois sont armés en terme d'expérience. Ils échouent cette fois à un point du podium salvateur, dans un duel à distance avec Bourg-Peronnas. La victoire du Racing 2-0 face à Colomiers lors de la dernière journée ne suffira pas.

Retour chez les pros

La 3e tentative sera la bonne. Le dernier défi de Jacky Duguépéroux sera transformé, avec cette fois moins de suspens. En assurant un match nul à Belfort, devant 2.000 de leurs supporters, le 27 mai 2016, lors de l'avant-dernière journée, le RCS remet les deux pieds dans le monde professionnel. Il fêtera son titre de champion de France dans son stade lors du dernier match face à Dunkerque, avant d'avoir les honneurs du balcon de l'Hôtel de Ville. Strasbourg a retrouvé son rang... ou presque.

La montée en Ligue 2 a été fêtée place de l'Hôtel de Ville :

Montée en L2 - mai 2016


DE LA LIGUE 2 A LA LIGUE 1 SANS TRAINER

Jacky Duguépéroux n'ira pas plus loin, mais le Racing, oui. Et vite. Thierry Laurey, l'homme qui a mené le Gazélec d'Ajaccio jusqu'à la Ligue 1, est choisi pour rapprocher les Strasbourgeois des sommets. Et la saison cette fois, paraît presque simple. Pas de vrai passage à vide hormis un début d'automne avec 5 matchs sans victoire et la crainte de voir revenir ses adversaires dans la dernière ligne droite. 

La montée n'en est que plus belle. Ce 19 mai 2017 à la Meinau, en communion avec un public exceptionnel, le Racing s'est offert sa renaissance.


Ils ne sont pas onze mais des milliers !

© MaxPPP
© MaxPPP

 

"Nous ne sommes pas onze mais des milliers", le nouveau slogan du Racing est né dans les travées de la Meinau lorsque les supporters continuaient à donner de la voix devant des matchs de CFA2. Ils étaient alors 1300 à avoir repris leur abonnement au stade malgré la descente au 5e sous-sol.
Un slogan qui n'a plus quitté le club, repris dans le nouvel hymne entonné en 2015 avant chaque match à domicile.


AVALANCHE DE RECORDS

En CFA2, comme en CFA, puis en National, les records d'affluence sont battus, portés par les derbys qui jalonnent alors les saisons.
10.880 spectateurs étaient présents lors de l'affrontement face à Schiltigheim en CFA2.

La saison suivante, 20.022 spectateurs assistent au derby face au FC Mulhouse, le RC Strasbourg devenant ainsi le premier club à dépasser la barre des 20.000 spectateurs en CFA, le match se classant cinquième plus grande affluence du week-end tous championnats confondus.

Lors de la saison 2014-2015, face aux SR Colmar, en février 2015, le Racing explose encore les compteurs avec 25.096 spectateurs.
Lors du dernier match contre Colomiers, ils seront 27.820 spectateurs, record toujours à battre en National.

Les supporters du Racing ne faiblissent pas


En déplacement aussi, les plus fervents supporters se font entendre. A Epinal, en juin 2013, pour la montée en National. A Belfort, en mai 2016, pour l'accession en Ligue 2. Et cette saison aussi, évidemment, ne ratant pas un déplacement...  2.000 personnes par exemple pour investir le Stade Bollaert de Lens, le 8 mai.


Un engouement pour l'honneur de toute une région, et pour remplir, ce n'est pas accessoire, les caisses de la billetterie. 
Le Racing sait tout ce qu'il doit à ses supporters.

Toute une région derrière son club

© MaxPPP
© MaxPPP

 

Lors que la structure professionnelle est liquidée, à l'été 2011, c'est l'existence même du club qui est en jeu. La section amateur prend le relais, mais elle n'a pas les épaules pour reconstruire une équipe professionnelle, ni pour gérer les infrastructures qui l'accompagnent.
C'est tout un élan régional, public et privé, qui va maintenir le Racing hors de l'eau.


UN CLUB ENTOURE DE PARTENAIRES FIDELES

Dire qu'ils étaient foule à maintenir leur investissement financier lorsque le club a touché le fond serait faux. Mais ceux qui sont restés l'ont fait avec coeur et passion. Une dizaine d'entreprises régionales, à commencer par le principal partenaire, engagé depuis 10 ans, ES Energies Strasbourg, et qui a signé l'an dernier pour 5 ans de plus. "Le Racing signifie beaucoup dans la région, il n'y a qu'à voir sa couverture médiatique régionale, qui n'a jamais faiblie", estime Philippe Commaret, directeur général ES Energies Strasbourg. Un investissement de coeur, mais seulement donc.

Fidèle aussi, l'entreprise Würth, qui ne regrette pas d'avoir traversé avec le club cette zone trouble... "Il est très facile d'être partenaire d'un club au sommet de son art... Tout en-bas, il n'y avait plus grand monde pour se bousculer au portillon", se souvient Christian Herter, directeur de la communication de Würth France.
Pour eux, le tarif des prestations n'augmentera pas l'an prochain, même en Ligue 1.


La fidélité des partenaires du RCS à travers la crise, un reportage de Grégory Fraize et Valérie Ruiz Suri : 

Le soutien des partenaires du RCS


LES COLLECTIVITES TERRITORIALES JOUENT LE JEU

Si le centre de formation a retrouvé l'an dernier, dès son retour dans le monde professionnel, son label fédéral, c'est parce que ses infrastructures ont été maintenues à flot après la liquidation. Bien sûr, il a attiré des jeunes bien moins performants pendant ces années noires, il n'a pas sorti des joueurs comme Gameiro ou Bellaïd, comme à la grande époque. Mais nul autre club, alors amateur, n'aurait ainsi continué à faire fonctionner un tel centre.

Et c'est la Ville qui est intervenue pour le sauver. Tout comme elle a permis à l'équipe première, dans les bas-fonds du foot français, à continuer à évoluer dans un stade de la Meinau certes vieillissant mais toujours impressionnant de ferveur.

Avec le conseil départemental du Bas-Rhin et la Région Alsace, les collectivités ont maintenu un soutien sans faille, quitte à être taxées de favoritisme par d'autres entités sportives, à commencer par les SR Colmar, qui évoluaient au même niveau, voire au-dessus le temps que le Racing les rejoigne en National. La Région a ainsi voté une subvention annuelle de 600.000 euros, bien au-delà de ce que touchent habituellement les clubs de ce niveau. Sa seule exigence : rajouter le A d'Alsace au logo du club. Et le RCS devint RCSA, comme pour mieux coller à la réalité : le Racing est bien plus que le club des Strasbourgeois.

Alain Fontanel, 1e premier adjoint au maire de Strasbourg, qui a porté le dossier, ne regrette pas le soutien des collectivités : 

Fontanel revient sur la crise du RCS

Le nouveau défi de la Ville et de l'Eurométropole de Strasbourg à présent : rénover, et agrandir le stade de la Meinau... Un projet est en cours pour porter les places assises de 24.000 à 30.000.

© MaxPPP
© MaxPPP