Un restaurateur alsacien dans la rue…pour trouver du personnel !

© Giovanni Capone
© Giovanni Capone

Sa vidéo fait le buzz sur internet depuis lundi. Un restaurateur de Breuschwickersheim exaspéré de ne pas trouver de personnel a décidé de descendre dans la rue, pancarte en main, pour offrir 2 CDI aux passants strasbourgeois. Osé mais payant.

Par Marie Coulon

En matière de méthode de recrutement, depuis quelques années, les entreprises rivalisent d’originalité. Mais l’idée de Giovanni Capone, patron du restaurant La Charrue à Breuschwickersheim pour trouver deux collaborateurs supplémentaires en CDI, est pour le moins osée.

Lundi dernier, après plus de 4 mois de recherches infructueuses et chronophages pour recruter un barman et un serveur, le restaurateur, déconcerté, a pris son bâton de pèlerin. Direction Strasbourg et le place Gutenberg, avec la ferme intention de mouiller la chemise pour trouver ses futures recrues. Encore faut-il attirer l’œil. Pour cela, il est munit d’une pancarte confectionnée par un collègue, sur laquelle est écrit « nous ne faisons pas l’aumône, nous proposons UN EMPLOI ».


Moi ce qui me fait peur, c’est de devoir mettre la clé sous la porte faute de personnel 


Depuis, l’initiative du chef d’entreprise en mal de salariés, filmée et diffusée en direct sur les réseaux sociaux, fait le buzz. Mais au-delà du comique de situation, se cache l’épineux problème de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la restauration, souvent mal considéré.

 On entend que la restauration c’est trop difficile, mal payé, mais c’est faux. Notre métier a été dévalorisé. L’artisanat ça s’apprend. Il faut motiver les jeunes. Les émissions culinaires font rêver les gens mais ça ne suffit pas. 


Avant de battre le rappel dans la rue, Giovanni Capone avait tout essayé. Petites annonces payantes, bouche-à-oreille, Pôle emploi…Mais les candidats à l’embauche sont restés peu nombreux.

Ce n’est pas normal, il faut impérativement améliorer le système de recrutement. Sans personnel, il n’y aurait pas de patron. Je ne suis pas le seul concerné par le problème. 


D’ailleurs, le patron appelle tous ses collègues artisans à se rassembler samedi 30 septembre à 10h sur la place Gutenberg.



Reste que pour lui, la situation devrait s’arranger rapidement. Sa vidéo totalise près de 50.000 vues en deux jours, et désormais, comble de l’ironie, il croule sous les appels et les demandes d’entretien.

 Je ne m’attendais pas à en avoir autant. Le téléphone n’arrête pas de sonner. Je remercie toutes les personnes qui prennent contact mais je ne peux pas embaucher tout le monde. 


Quant aux critiques qui fusent sur la toile à propos de la méthode de recrutement vue, par certains internautes, comme dévalorisante et dégradante vis-à-vis des demandeurs d’emploi, il se défend.

 Je n’ai pas voulu stigmatiser les chômeurs. Je suis le premier à défendre mon personnel et ma profession .

Sur le même sujet

Le commissariat de Troyes ouvre ses portes

Près de chez vous

Les + Lus