Présidentielle : Roland Ries appelle à voter contre Le Pen, Fillon et Mélenchon

Le maire de Strasbourg lors de la conférence de presse sécurité du marché de Noël, le 24 novembre 2016. / © MAXPPP
Le maire de Strasbourg lors de la conférence de presse sécurité du marché de Noël, le 24 novembre 2016. / © MAXPPP

Il n'avait pour le moment pas apporté son soutien à un candidat de la présidentielle : le maire de Strasbourg Roland Ries a déclaré, jeudi 20 avril, souhaiter voter pour un candidat européiste et blanc de toute affaire judiciaire. En d'autres termes, ni Le Pen, ni Mélenchon, ni Fillon.

Par Valentin Pasquier

Avec les déclarations de soutien à Emmanuel Macron de certains élus socialistes muncipaux, on aurait pu croire que le maire de Strasbourg allait lui aussi officialiser son parrainage au candidat d'En marche! à la présidentielle.

Jeudi 20 avril, Roland Ries a rompu le silence : dans un communiqué écrit depuis Madrid où il rencontre d'autres dirigeants politiques, il appelle les électeurs à "privilégier l’essentiel et assurer tout ce qui pourra préserver nos valeurs : l’Europe, la paix, la sécurité, la solidarité, la capacité à réformer et à faire avancer le pays vers une nouvelle croissance mieux partagée." "La France est scurtée avec un mélange de crainte et d'espoir", ajoute-t-il.

Pour le premier édile de Strasbourg, l'hypothèse d'un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon est "particulièrement dangereuse" parce que "populistes, anti-européennes, anti-OTAN". Mais la confrontation entre la dirigeante du Front National et François Fillon ne le réjouis guerre non plus : ce dernier "ne jouirait d’aucune crédibilité et surtout d’aucune autorité pour mener à bien les réformes nécessaires", sanctionne-t-il.

En conclusion, il appelle les électeurs à se déplacer massivement aux urnes le 23 avril, afin "d’éviter à notre pays le risque d’une aventure populiste qui mettrait en péril notre sécurité, notre modèle démocratique, et la construction de l’Europe de demain".

Déclaration intégrale de Roland Ries, Maire de Strasbourg

La France est aujourd’hui dans une situation inconnue depuis le début de la 5ème République.
Nous sommes à la veille d’une élection présidentielle pour laquelle toutes les hypothèses sont possibles, y compris celle d’un choix qui se limiterait au second tour à deux propositions populistes, anti-européennes, anti-Otan, et particulièrement dangereuses pour notre économie.
Ou encore, celle d’un choix entre une candidate d’extrême droite et un candidat de droite bousculé par les affaires, qui ne jouirait d’aucune crédibilité et surtout d’aucune autorité pour mener à bien les réformes nécessaires.

En réunion à Madrid pendant deux jours avec des dirigeants politiques venus de nombreux pays du monde, je mesure combien la France est observée avec un mélange de crainte et d’espoir.

De crainte ; parce que si demain la France lui tournait le dos,  l’Europe ne survivrait pas. Toutes nos références disparaitraient,  et nous entrerions dans un monde d’incertitude et de menaces. Car c’est bien la construction de l’Europe qui nous a permis de vivre la plus longue période de paix de notre histoire.

D’espoir ; parce que la démocratie française peut aussi entrer dans une ère nouvelle, celle d’un renouvellement et d’un fort rajeunissement des responsables politiques nationaux, qui illustrent sa vivacité et son dynamisme.

A trois jours du scrutin, il faut privilégier l’essentiel et assurer tout ce qui pourra préserver nos valeurs : l’Europe, la paix, la sécurité, la solidarité, la capacité à réformer et à faire avancer le pays vers une nouvelle croissance mieux partagée.

Comme le Premier Ministre Bernard Cazeneuve, j’appelle mes concitoyens à prendre leurs responsabilités, en participant massivement au 1er tour de l’élection présidentielle du 23 avril, afin d’éviter à notre pays le risque d’une aventure populiste qui mettrait en péril notre sécurité, notre modèle démocratique, et la construction de l’Europe de demain.

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