Strasbourg : le droit à l'avortement, à corps et à cri

Aujourd'hui ont lieu dans plusieurs villes d'Europe des rassemblements pour défendre le droit "fondamental" à l'avortement.
Rencontres à Strasbourg avec ces femmes en lutte .. à corps et à cri.

Par Cécile Poure

Les chiffres font froid dans le dos. Dans le monde, 47 000 femmes mourraient chaque année d'un avortement illégal. En Europe, l’avortement est interdit à Malte et très restrictif en Irlande, à Chypre et en Pologne. Et que dire de l'Espagne qui avait en 2015 tenté de limiter ce droit avant de faire marche arrière sous la pression populaire.


Pas normal mais nécessaire 


Une cinquantaine de personnes, place Kleber. Le rassemblement à Strasbourg fait peine à voir. Je ne suis pas la seule à le penser. Nona, 34 ans, est "consternée" par le peu de monde. "C'est pourtant un droit inaliénable qui doit être défendu par tous et toutes". "Peut-être que cela ne concerne personne jusqu'où jour où on le vit" soupire t'elle.



Il se dégage de ce rassemblement, un sentiment ambigu.
Oui le combat est juste, bien évidemment.
Non, ce combat ne devrait pas être ... encore .... nécessaire en 2017.


Nicole Greib, pdt du planning familial 67, enfonce le clou.
" Non ça ne me semble pas normal, mais on va le faire encore quelques années, je crois".
Car partout "les réactionnaires gagnent du terrain".

Son mari est du même avis, écoutez.

Pierre Greib



"Les réactionnaires sont de sortie"



Nous "vivons dans une période régressive" m'explique Nicole. "Les réactionnaires sont de sortie partout en Europe".

"Regardez en Pologne, en Irlande, à Malte et à Chypre : le droit à l'avortement est soit interdit soit limité". En Espagne, les conservateurs ont essayé de le limiter en 2015. La rue a réussi à leur faire faire marche arrière. "Sauf pour les mineures qui doivent désormais avoir une autorisation parentale".

En Italie, "70% des médecins font jouer leur clause de conscience". En gros, ils refusent de procéder à l'IVG et préfère passer la main à des collègues disons plus ouverts.

Oui ça fait froid dans le dos.


"Rien n'est jamais acquis" 


En France, on ne s'en sort pas trop mal."L'opinion publique est acquise à la cause" mais il faut quand même se méfier.

Toutes ( et je dis toutes, parce qu'aujourd'hui elles sont quand même plus nombreuses que la gent masculine) sont d'accord. " Rien n'est jamais acquis".

Depuis le "Mariage pour tous,, il y a comme un relan réactionnaire en France aussi". Et " Vous savez, les lois sont fragiles".
Pour reprendre la citation de Simone de Beauvoir, aussi belle que juste : "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."


Isabelle, 60 ans, est bien d'accord avec Simone qu'on ne présente plus."Les anti, me confie-t-elle, c'est une catastrophe",  ils sont de plus en plus visibles" et décomplexés. "Moi ça me fait peur tout ça". Pierre continue  " il faut maintenit à tout prix la pression", "montrer qu'on est là, vigilants".


Tout n'est pas rose en France



D'autant que dans l'Hexagone, les problématiques liées à l'IVG sont encore nombreuses.

Sylvie, 65 ans, médecin bénévole au planning, raconte. "Les femmes devraient avoir le droit de choisi la méthode de l'IVG. Ce n'est pas le cas. Ou très très rarement." "On leur donne une pilule abortive " et voilà. Alors que prendre cette pilule " confronte les femmes à un solitude certaine" et parfois lourde, traumatisante. L'aspiration, en milieu médicalisé est une alternative plus douce, beaucoup moins solitaire. "Elles devraient pouvoir choisir".

Nicole explique également qu'avec la désertification médicale et la fermeture des petites cliniques et maternité, en 10 ans, 130 centres IVG ont fermé. "Dramatique". L'accès à l'IVG et à l'information s'en trouve fortement diminué pour certaines femmes dans certains endroits.

Le droit à l'avortement n'est plus le même pour tous au pays de Marianne.











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