Strasbourg : le musée d'Art contemporain perdra son damier coloré au printemps 2017

Le damier coloré installé sur la façade du musée d'Art contemporain de Strasbourg n'est pas du goût de l'architecte du bâtiment, Adrien Fainsilber. / © MAX PPP
Le damier coloré installé sur la façade du musée d'Art contemporain de Strasbourg n'est pas du goût de l'architecte du bâtiment, Adrien Fainsilber. / © MAX PPP

Le Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg a annoncé le 15 décembre le démontage d'un damier multicolore transparent de 1 500 m² installé sur sa façade en 2014 par l'artiste Daniel Buren car l'œuvre n'est pas du goût de l'architecte du bâtiment.

Par AFP

Le Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg a annoncé, le 15 décembre, le démontage du damier multicolore installé sur une façade du bâtiment. « Cette intervention colorée, éphémère et réversible, (...) sera déposée de la façade du musée au printemps 2017, lorsque les conditions météorologiques seront propices à des interventions extérieures », a précisé dans un communiqué la direction de l'établissement.
 
Cette décision intervient au lendemain de la publication, par le journal régional Les Dernières nouvelles d'Alsace (DNA), d'un courrier dans lequel l'architecte du musée, Adrien Fainsilber, explique attendre « avec impatience » le « démaquillage » des façades. Cela permettra de « retrouver la cohérence du bâtiment dans son site », explique l'architecte de 84 ans - auteur, entre autres, de la Géode et de la Cité des sciences à Paris.
 
L'installation de Daniel Buren avait été apposée sur la verrière de la façade en juin 2014, à l'occasion d'une exposition temporaire qui lui était consacrée.
Daniel Buren pose devant l'installation « Comme un jeu d'enfant - travaux in situ » le 10 juin 2014. / © PATRICK HERTZOG / AFP
Daniel Buren pose devant l'installation « Comme un jeu d'enfant - travaux in situ » le 10 juin 2014. / © PATRICK HERTZOG / AFP


Une œuvre qui pourrait laisser des traces

L'œuvre était alors annoncée comme éphémère, et devait en principe disparaître en mars 2015 - en même temps que l'exposition, qui a connu une fréquentation record avec 146.000 visiteurs en huit mois.
 
Un an et demi plus tard, les damiers multicolores sont toujours là, « à la demande de nombreux visiteurs », assure la direction du Musée d'art moderne.
 
M. Fainsilber, qui avait conçu le musée inauguré en 1998 à proximité du quartier touristique de la Petite France, avait refusé en 2014 d'assister à l'installation de l'œuvre de Daniel Buren, qu'il n'a jamais approuvée. Cette installation « reflète une incompréhension du site et de l'architecture », car « de l'intérieur, [elle] brouille la perception du paysage environnant, et de l'extérieur, [elle] présente une image réductrice » de son travail, explique-t-il dans sa lettre.
 
Contacté par l'AFP, M. Fainsilber a estimé que les « rigueurs de l'hiver » évoquées par la direction du bâtiment pour repousser au printemps le démontage de l'œuvre étaient « sans doute un prétexte ».

« Mon inquiétude, c'est que [l'œuvre de Buren] laisse des traces, que ça abîme le verre, et que ça remette en cause la transparence du bâtiment », a ajouté l'architecte.

Sur le même sujet

Maison incendié à Vrécourt (88)

Près de chez vous

Les + Lus