Fin de la prise d'otage à la maison centrale d'Ensisheim

La Maison centrale d'Ensisheim encore sous haute surveillance lundi matin / © F3Alsace
La Maison centrale d'Ensisheim encore sous haute surveillance lundi matin / © F3Alsace

Un surveillant de prison a été retenu en otage par trois détenus, dimanche 4 juin, au centre pénitenciaire d'Ensisheim (Haut-Rhin). Après 10 heures de captivité, l'otage a été libéré par les forces de l'ordre, tôt dans la matinée du 5 juin.

Par Renaud Hartzer et Valentin Pasquier avec AFP

Un surveillant de prison était retenu depuis le dimanche 4 juin par trois détenus de la prison d'Esisheim (Haut-Rhin). Lundi 5 juin au matin, ce surveillant, âgé de 33 ans, est sain et sauf et les preneurs d'otage se sont rendus sans violence, indique ce lundi matin un communiqué du procureur et de la préfecture du Haut-Rhin (voir en bas de page).

Fin de la prise d'otage à la prison d'Ensisheim
Reportage de Stéphanie Mallauran, Vincent Lemiesle, Maud Morot. Intervenants : Laurent Touvet, préfet du Haut-Rhin; Christophe Schmitt, délégué régional FO pénitentiaire pour le Grand-Est.

La gendarmerie nationale, notamment le GIGN, une équipe régionale d’intervention et de sécurité (Eris), la force d’intervention de l’administration pénitentiaire, se sont rendus sur place et un peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie nationale (PSIG) avait sécurisé les abords. Les trois auteurs de la prise d'otage ont été placés en garde à vue.

Selon le syndicat FO Pénitentiaire, c'est un détenu multirécidiviste, Francis Dorffer, déjà auteur de plusieurs prises d'otages, qui a séquestré le surveillant. À 19h30, l'homme s'est emparé des clés, a libéré deux autres détenus. Armés d'un couteau, ils ont retenu le surveillant pendant presque onze heures. Le GIGN, arrivé à 23h15 sur les lieux, a entamé une discussion avec les ravisseurs.


Une nuit de négociations


La reddition des détenus a été obtenue après une nuit de négotiations menées par le Préfet du Haut-Rhin, le procureur de la République de Colmar assistés du directeur de la maison centrale et de la directrice interrégionale de l'administration pénitentiaire.

Les revendications des détenus "n'étaient pas claires", a déclaré le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet. "Ce sont des prisonniers qui purgent de longues peines et qui peuvent estimer que leur vie est sans issue. Il n'y a pas de logique. Peut-être y a-t-il aussi le désir de changer d'établissement".




Selon M. Schmitt, le principal auteur est Francis Dorffer, déjà auteur par le passé de quatre prises d'otage en prison. "À chaque fois qu'il réalise une prise d'otage, il obtient ce qu'il veut, la dernière fois c'était justement pour obtenir son incarcération à Ensisheim, pour être plus près de sa famille", a poursuivi le délégué syndical.

Un multirécidiviste à l'origine de la prise d'otage


Francis Dorffer, incarcéré depuis l'âge de 16 ans dans une vingtaine de prisons différentes après des condamnations pour vols, viol et assassinat d'un codétenu, est aux yeux des personnels de l'administration pénitentiaire le "champion de la prise d'otage carcérale". En 2006, il a retenu une psychiatre à la prison de Nancy, en 2009 un surveillant à Clairvaux (Côte d'Or), en 2010 un psychiatre à la Santé (Paris) et en 2011 un gardien à Poissy (Yvelines).


Francis Dorffer, en 2006, après sa première prise d'otage à la prison de Nancy. Il avait alors 25 ans. / © NCY / MAXPPP
Francis Dorffer, en 2006, après sa première prise d'otage à la prison de Nancy. Il avait alors 25 ans. / © NCY / MAXPPP


A son dernier procès, Francis Dorffer avait déclaré à la cour d'assises de Paris: "Mettez-moi à Ensisheim et vous n'entendrez plus parler de moi". L'épouse du détenu et leur enfant demeurent à Mulhouse, tout près d'Ensisheim.

Un enquête a été ouverte par le parquet des chefs de séquestration, tentation d’évasion, violences sur personne dépositaire de l’autorité publique avec arme, dégradation de biens d’utilité publique.

Il s'agit de la 4ème prise d'otage à la Maison centrale d'Ensisheim depuis 2010. L'établissement pour longues peines compte 200 places et héberge 190 personnes détenues.

Le ministre de la Justice, François Bayrou, a adressé dans un communiqué son "soutien" au gardien et salué son "sang-froid et le professionnalisme dont il a fait montre dans ces circonstances éprouvantes".




Sur le même sujet

Maison incendié à Vrécourt (88)

Près de chez vous

Les + Lus