Ces Alsaciens qui ont dit adieu aux pesticides

Photo d'illustration / © Maxppp/C. Watier
Photo d'illustration / © Maxppp/C. Watier

Alors que débute ce lundi la semaine des alternatives aux pesticides, nous avons fait un petit tour dans le Haut-Rhin à la rencontre d'agriculteurs, de jardiniers et de communes qui ont choisi de bannir définitivement les produits phytosanitaires.

Par YL

Alors que pesticides et les perturbateurs endocriniens font de plus en plus parler d’eux dans cette campagne présidentielle, beaucoup de cultivateurs ont fait le choix de bannir les pesticides. En Alsace, il n’y a pas que les agriculteurs qui ont pris cette décision : certains jardiniers, des collectivités, des employés municipaux ont décidé de revenir eux aussi à des méthodes plus naturelles.

Le jardinier adepte des engrais naturels

Jann Zawada, un jardinier qui vit à Mulhouse n’a jamais utilisé de produits phytosanitaires, plus par habitude que conviction. Pour nourrir et protéger ses plantes, le jardinier a un secret :le purin d’orties. Sa recette est simple, un bidon de 200 litres dans lequel il met 20 kilos d’orties fraîches, et qu’il remplit d’eau avant de laisser macérer 3 semaines.

Utilisé pur, le purin d’orties peut servir de désherbant. Mais dilué à 10%, il peut servir d’insecticide et dilué à 20% les jardiniers s’en servent comme engrais. Et à en juger par les rendements de ses plants, le jardinier ne laisserait tomber cette méthode pour rien au monde.

Je fais 60 pieds de tomates, je ramasse 200 kilos de tomates par an…
 

 


L’agriculteur qui refuse de labourer

Christophe Moyses vit de ses cultures à Feldkirch, dans le Haut-Rhin. Comme Jann Zawada, cet agriculteur refuse d’utiliser des produits phytosanitaires. Mais c’est surtout dans sa pratique de la terre qu’il se différencie. Adepte du non-labour, l’agriculteur travaille ses terres à faible profondeur, jamais plus de 6 centimètres, et laisse la nature faire le reste.

Pour les adeptes du non-labour, cette pratique permet de maintenir une vie du sol suffisamment élevée, pour que cet écosystème soit autonome, bactéries, insectes, larves.

La désherbeuse à vapeur à Bollwiller

Si beaucoup ont abandonné les pesticides par conviction, certains l’ont fait par nécessité. Depuis janvier 2017, par exemple, la réglementation contraint les communes à fortement réguler leur usage. La commune de Bollwiller, dans le Haut-Rhin, a investi dans une désherbeuse d’un genre nouveau. L’appareil fonctionne à la vapeur d’eau à 120 degrés.

Malgré un coût élevé pour l’investissement, environ 30 000 euros, la commune n’achète plus aucun pesticide. Pour Jean Gaugler, le directeur général des services de Bollwiller, ces économies représentent tout de même 2000 à 3000 euros par an pour la commune de 3850 habitants. Le désherbage prend plus de temps, mais avec ce système à vapeur 100% naturel, aucun risque de contaminer les nappes phréatiques.

Mais même si ces solutions alternatives séduisent de plus en plus, elles sont encore loin de faire l’unanimité : jugées trop chères, pas assez efficaces, trop chronophages. Les consommateurs sont aussi parfois perplexes devant certaines décisions contradictoires des différents organismes de protection de la santé.

Récemment, l’Agence européenne des produits chimiques a conclu que le glyphosate, un pesticide n’était pas cancérogène. L’Agence internationale de recherche sur le cancer avait pourtant soutenu le contraire en mars 2015.

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