Un mystérieux mal a décimé un troupeau de vaches à Roderen entre 2014 et 2016

Une vache malade au GAEC des Collines à Roderen / © GAEC des Collines
Une vache malade au GAEC des Collines à Roderen / © GAEC des Collines

Un journaliste scientifique, Micheal Loeckx, apporte des éléments de réponse après de nombreuses enquêtes infructueuses. Des nanoparticules de dioxyde de titane, produites par l'usine Cristal de Thann, pourraient être impliquées.

Par Vincent Lemiesle

Pascal Wolfersperger, éleveur à Roderen dans le Haut-Rhin, veut savoir pourquoi. Pourquoi ses vaches sont mortes les unes après les autres, atteintes d’un mal inexplicable en l’espace de 3 ans. Sur l’exploitation du Gaec des Collines qu’il a fondé en 2004 avec son associé Pascal Bianchi, des 140 vaches de départ il n’en restait plus qu’une trentaine fin 2016. Les symptômes apparaissent en 2014 : les vaches sont atteintes d’une sorte de grippe ou d’allergie se traduisant par un coulement de nez très fort, un abcès près de la tête et du cou puis par des défaillances neurologiques.

Vaches malades à Roderen


Malgré de multiples analyses, dont celle de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Inéris) et des services vétérinaires du département, rien n’a permis d’identifier les causes possibles de cette mortalité. La dernière en date, en juin 2017, opérée par la sous-préfecture de Thann, n’a rien révélé de déterminant non plus. Pascal Wofersperger attend, lui, des réponses, et c’est peut-être par un journaliste scientifique suisse, Michael Loeckx, qu’elles vont lui arriver. Selon ses recherches, les coupables seraient des nanoparticules de dioxyde de titane rejetées par l’usine Cristal, située sur la ville de Thann, voisine de moins de quatre kilomètres de la ferme.


Les cheminées de l'entreprise chimique Cristal à Thann / © Vanessa MEYER Maxppp
Les cheminées de l'entreprise chimique Cristal à Thann / © Vanessa MEYER Maxppp



Ses analyses qui ont porté sur l’air et le fourrage révèlent du titane en grande quantité. Et coïncidence fortuite ou pas, que relève Michael Loeckx, les  vaches ont justement commencé à tomber malades au moment où l’usine a intensifié sa production de nanoparticules. 

L’éleveur Pascal Wolfensperger, confronté à de graves difficultés financières, s’est reconverti dans la culture des céréales après avoir vendu ses dernières vaches en janvier 2017. Son associé, Pascal Bianchi, lui, s'est retiré de l'affaire. Désabusé, l'agriculteur veut bien croire à un dénouement prochain de ce mauvais feuilleton: il n'a pour l'instant perçu aucun dédomagement en raison des pertes qu'il a subies.

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