Les silhouettes de Dannemarie repartent en justice

© Catherine Munsch
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C'était le feuilleton de l'été, les silhouettes exposées dans les rues de Dannemarie avaient créé la controverse entre le maire, ses adjoints, des habitants et des mouvements féministes Les Effrontées notamment. Ce mercredi, l'affaire repart en justice.

Par Catherine Munsch

Au mois de mai 2017, l'association féministe strasbourgeoise Les Effrontées avait introduit un référé pour demander à ce qu'on retire immédiatement les figurines. A l'époque le tribunal administratif de Strasbourg leur avait donné raison, mais le Conseil d'Etat s'était prononcé en faveur du maire.

Les trois juges du Conseil d’Etat avaient infirmé la décision du tribunal administratif de Strasbourg, car selon eux, il n’y a pas eu d’atteinte à la dignité humaine, ni même à l’égalité entre les femmes et les hommes.

© CMunsch
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Le groupe de féministes Les Effrontées qui avaient soulevé la question de la discrimination faite aux femmes, au travers de ces silhouettes, avait pris acte de la décision du Conseil d’Etat.

"On n’a pas lâché l’affaire, explique Sarah Pyd des Effrontées. Nous avons déposé une nouvelle requête devant le tribunal administratif de Strasbourg, mais cette fois avec les Chiennes de garde et Osez le féminisme 67. Nous voulons obtenir une jurisprudence sur la visualisation des femmes dans les lieux publics et à plus ou moins long terme, une loi."

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"Les femmes stéréotypées comme objet sexuels ça suffit, on aimerait voir mises en avant des femmes qui changent le monde, des médecins, des chercheures, des spationautes", disent ces défenseuses des égalités entre homme et femmes. 

Autre position pour le maire de Dannemarie, Paul Mumbach :"Cet ultime recours est ridicule, ça ne va pas changer quoi que ce soit et va durer une éternité. On en a pour six ou sept ans. Pour moi ce qu'elle font est contre-productif." Pour lui, la présence des silhouettes à Dannemarie représentaient simplement une décoration liée à l'année de la femme.
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La décoration d'automne va d'ailleurs être mise en place ce week-end, ce qui fera disparaître ces silhouettes.  Mais en décembre il y aura la décoration de Noël et là de nouvelles silhouettes féminines réapparaitront. 

Le conseil municipal tiendra-t-il compte des demandes réitérées des feministes? "Le conseil d'Etat a déclaré qu'il n'y a pas eu d'atteinte à la dignité humaine et que nous avons droit à la liberté d'expression et artistique", précise le maire de la commune. "Elles font ce qu'elles veulent, elles vivent comme elles veulent , mais nous aussi ."

Claire Toubal du Groupe des féministes Les Effrontées avait évoqué cet été des rendez-vous pour permettre aux  mentalités d’évoluer. "C’est un long combat dans le domaine de l’égalité entre hommes et femmes. La femme n’est pas un objet sexuel, qui fait les courses, les enfants et la cuisine." Pour la jeune femme, les luttes antiracistes ont pris beaucoup de temps et ne sont pas terminées, le combat pour les femmes sera long aussi.

Osez le féminisme, La nouvelle lune, Sos homophobie et les Effrontées organiseront une première réunion publique le 26 octobre, à la maison des syndicats, place de la bourse à Strasbourg, sur la place des femmes dans l'espace public. L’adjointe au maire aux droits des femmes et l’égalité des genres à la ville de Strasb Françoise Bey sera présente. 


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