Éditorialiste FN écarté à Europe 1 : Jean Messiha revient sur la polémique

Jean Messiha s'était présenté dans la 4e circonscription de l'Aisne lors des législatives de juin 2017 (ici en campagne le 13 juin à Soissons avec Marine Le Pen). / © Aurélien Morissard
Jean Messiha s'était présenté dans la 4e circonscription de l'Aisne lors des législatives de juin 2017 (ici en campagne le 13 juin à Soissons avec Marine Le Pen). / © Aurélien Morissard

Candidat FN aux dernières législatives dans l'Aisne, Jean Messiha devait intervenir dans la nouvelle formule de l'émission "Hondelatte raconte" sur Europe 1. Suite à une levée de boucliers sur internet, la direction de la station a finalement écarté le frontiste. Récit.

Par Valentin Pasquier

Le vendredi 25 août, Christophe Hondelatte présente sur le site d'Europe 1 les contours de la nouvelle formule de son émission "Hondelatte raconte". Traditionnellement articulée autour de la narration d'un fait criminel, l'émission se diversifie en faisant réagir sept éditorialistes de bords politiques différents sur l'actualité. L'animateur évoque entre autres les noms de Bruno Roger-Petit - journaliste devenu entre temps porte-parole de l'Élysée - Nassira El-Moaddem, directrice du Bondy blog, et de Jean Messiha, ex-coordinateur du projet présidentiel de Marine Le Pen.

Le dernier nom fait bondir et la nouvelle est relayée sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes s'insurgent contre la possible arrivée sur Europe 1 de l'ancien candidat frontiste aux législatives dans l'Aisne. Une pétition en ligne est lancée.

Des tweets virulents à l'encontre de l'Islam


Adepte des messages en 140 signes, Jean Messiha réagit aussitôt sur Twitter. Dans sa publication, il pointe l'"antisémitisme assumé" dont ferait preuve, pour lui, le Bondy blog."J'étais surpris que ma présence seule suscite autant de débats, alors que celle de la présidente du blog ne fait l'objet d'aucune critique," raconte l'énarque frontiste, joint par France 3.

Pendant ce temps, ses détracteurs exhument des tweets sulfureux de l'intéressé, qui montrent son inclination pour la théorie du "grand remplacement", ou qui entretiennent un trouble entre musulmans et terroristes. "Le terroriste de Nice n'était pas fiché S... Glaçant quand on sait que 5 millions de musulmans ne le sont pas non plus," tweetait-il par exemple au lendemain de l'attentat de la promenade des Anglais le 14 juillet 2016. Un tweet supprimé depuis. Des propos que le frontiste assume pourtant pleinement, en vertu de la liberté d'expression: "soit mes publications sont illégales et on porte plainte contre moi, soit c'est légal et cette censure n'est pas justifiée."

Le FN, essentiel dans le débat ?


Face à l'ampleur des réactions en ligne, Christophe Hondelatte défend son droit de faire intervenir un frontiste dans l'émission, comme gage de pluralisme. "Il me disait rechercher des têtes bien faites, et de bords politiques différents, pour créer le débat," se rappelle Jean Messahi.


Malgré son expérience au FN, la présence de Jean Messiha à l'antenne devait se dérouler en dehors de tout cadre politique officiel. Lorsque Christophe Hondelatte le contacte pour l'émission, deux conditions sont avancées : le chroniqueur ne doit pas exercer de responsabilités au sein d'un parti, ni être élu. "C'était parfait, j'étais justement redevenu un simple adhérent depuis la fin de la présidentielle," jubile ce proche de Marine Le Pen, enthousiaste à l'idée de débattre à la radio. "J'aime le frottement de cervelles. Se retrouver face à des contradicteurs, c'est de la richesse," souffle-t-il.

L'éditorialiste remplacé


Devenu silencieux, Christophe Hondelatte recontacte Jean Messiha le 28 août. "Il m'a demandé d'effacer mon tweet sur le Bondy blog - ce que j'ai fait pour la forme - et m'a assuré avoir le soutien de sa direction," raconte l'intéressé.



Mais le journaliste est contredit : les cadres d'Europe 1 décident, mardi 29 août, d'écarter officiellement l'éditorialiste problématique. Frédéric Schlesinger, n°2 de la station, évoque un quiproquo. " Je crois que Christophe a parlé un peu vite, confie-t-il à l'AFP. Il peut avoir des projets qu’il me soumet. Moi, il ne m’a pas dit qu’il serait éditorialiste, mais seulement invité."

Prévu à l'antenne à 18h30 ce 30 août, Jean Messiha n'interviendra finalement dans aucun de ces rôles. Un remplaçant, de mouvance frontiste lui aussi, est sur le point de lui être trouvé.


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