L'ancien maire de Bapaume Jean-Paul Delevoye nommé Haut-commissaire à la réforme des retraites

Jean-Paul Delevoye, en mai 2017, lors de la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron. / © MaxPPP
Jean-Paul Delevoye, en mai 2017, lors de la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron. / © MaxPPP

Le porte-parole du gouvernement a confirmé ce jeudi la nomination de Jean-Paul Delevoye comme Haut-commissaire à la réforme des retraites.

Par M. F. avec AFP

Le gouvernement a confié jeudi à Jean-Paul Delevoye les rênes pour mener la réforme des retraites promise par le président Emmanuel Macron, donnant le coup d'envoi d'un chantier au long cours particulièrement sensible.

Cet ancien ministre de la Fonction publique de Jacques Chirac (2002-2004) a à son crédit d'avoir piloté la réforme des retraites des fonctionnaires, réussissant à ramener les syndicats autour de la table après plusieurs mois de conflit.

Une expérience dont il tire la certitude que "le haut-commissaire aux retraites doit avoir du crédit auprès de chacun" des interlocuteurs. Et qui lui permet de se prévaloir depuis "d'excellents contacts avec les uns et les autres".

"Il a une vraie expérience de négociateur. Toute sa vie est faite de médiations, d'écoutes, de réconciliations de points de vue parfois opposés pour aboutir à des synthèses dynamiques", vante le patron des députés de la République en marche Richard Ferrand. "C'est un grand pragmatique", insiste l'élu du Finistère.

L'entregent de ce colosse d'1,93 m lui a en effet été utile à la tête de la Commission d'investitures pour les élections législatives du jeune parti En Marche!, où il a été propulsé avec la réputation de savoir transcender les clivages partisans.
Pour preuve, il rappelle volontiers son exclusion en 2013 de l'UMP, après avoir soutenu un socialiste pour lui succéder à la mairie de Bapaume (Pas-de-Calais).

Du printemps jusqu'à l'été 2017, Jean-Paul Delevoye a défendu inlassablement sa méthode destinée à renouveler les visages de l'hémicycle. Sans pour autant échapper à quelques compromis dans certaines circonscriptions, pour satisfaire tel ou tel allié de circonstance.

Celui qui se définit comme "gaulliste social" et a été soutien d'Alain Juppé lors de la dernière primaire de la droite, a rallié Emmanuel Macron fin 2016, "sans être en demande de poste" mais préoccupé par la "fragmentation du pays".

Solide réseau

Ce père de quatre enfants pensait alors s'être retiré des affaires publiques, ayant échoué en 2015 à se faire réélire à la présidence du Conseil économique, social et environnemental (Cese).

A la tête cinq ans durant de la troisième assemblée de la République, Jean-Paul Delevoye a entretenu d'excellentes relations avec la gauche dès le début du mandat de François Hollande, qui lui a remis la Légion d'Honneur en octobre 2015.

Il s'est targué d'avoir fait du Palais d'Iéna le siège des grands rendez-vous sociaux, en particulier de quatre grandes conférences sociales du quinquennat Hollande.

Son bilan à la tête du Cese a été aussi marqué par des réformes pour assainir les finances de l'institution, dans le collimateur de la Cour des comptes.

Auparavant, il s'était fait mieux connaître des Français pour son action de Médiateur de la République, de 2004 à 2011.

Mais Jean-Paul Delevoye, né à Bapaume le 22 janvier 1947, a aussi derrière lui une longue carrière politique, entamée en 1977 par admiration pour le général de Gaulle.

Ancien député (1986-1988) puis sénateur (1992-2002) RPR du Pas-de-Calais, ce fidèle de Jacques Chirac s'est aussi construit un solide réseau en devenant président de l'Association des maires de France (AMF) de 1992 à 2002.

En 1999, il brigue sans succès la présidence du RPR malgré le soutien de Jacques Chirac, le mouvement lui préférant Michèle Alliot-Marie.

Ce diplômé de l'Institut supérieur d'agriculture de Lille, élevé au même lycée jésuite d'Amiens qu'Emmanuel Macron, se dit aussi fier de son permis poids-lourds. Ancien négociant en aliments pour bétail, il rappelle volontiers que chaque été pendant ses études, il aimait conduire les camions de grains à Rouen.

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