La psychologue Marylène Govin nous aide à y voir plus clair entre autorité et autoritarisme avec les enfants. Car faire obéir un enfant, c’est l’aider à se construire de façon harmonieuse pour qu’il puisse devenir un adulte épanoui !

Par Julien Guéry

Avoir de l’autorité, ce n’est pas être autoritaire. Être autoritaire, c’est imposer sa propre loi. C’est de l’abus de pouvoir.
L’autorité, ce n’est pas de la violence. Le parent ne fait que transmettre à l’enfant les règles nécessaires pour vivre en société que lui-même respecte : "on ne tape pas sur les autres", "on ne leur vole pas leurs affaires", "on ne tire pas les cheveux de la petite voisine"...

On apprend à vivre avec les autres, à respecter les autres. Cela s'appelle l’éducation ! Et c’est le devoir des parents d’éduquer.
Parce que l’enfant ne naît pas civilisé, il le devient. Et il ne le devient que si des adultes l’éduquent.
Il faut expliquer à l’enfant chaque règle et son utilité, puis la lui imposer. L'éducation passe forcément par le conflit. Et plus les parents sont déterminés, moins les conflits durent. Car ils ne durent que si l’enfant sent que ses parents ne sont pas sûrs d’eux.

Faire obéir un enfant, c’est l’aider à se construire de façon harmonieuse pour qu’il puisse devenir un adulte épanoui !
Aimer et Eduquer sont deux choses totalement différentes, il ne faut confondre : aimer son enfant, c’est l’éduquer afin de l’aider à se structurer pour qu’il puisse devenir un sujet épanoui dans la vie de tous les jours !
Un enfant se construit, et le facteur essentiel de sa construction, c’est l’éducation que lui donnent ses parents. C’est elle qui lui permet de devenir quelqu'un de "civilisé". C’est-à-dire un être qui n’est pas seulement guidé par ses instincts et son bon plaisir. Cela suppose que les parents mettent des limites.          
C’est souvent difficile pour eux parce qu’ils ont peur que l’enfant souffre. Mais c’est une souffrance indispensable et constructive.
Donc, c’est lui poser des limites dès sa tendre enfance. Et cela passe obligatoirement par la frustration.

Accorder des permissions

La question de l’obéissance se pose dès qu’un bébé commence à se déplacer, vers 1 an.

Comment le faire obéir ?                     

En lui permettant de toucher à tout ce qui n’est pas dangereux. C’est parce qu’il aura beaucoup d’autorisations qu’il acceptera d’être frustré de temps en temps.
Prenons l’exemple de l’enfant qui vient de saisir un couteau. Si le parent limite les interdits, il aura simplement besoin de demander calmement : « Donne-moi ce couteau. »
L’enfant qui n’est pas tenté par les transgressions le donnera sans problème. Car il sait que, si son père ou sa mère lui interdit de toucher cet objet, il doit y avoir une bonne raison, puisque, d’habitude, il a la permission d’explorer le monde.

Expliquer... dans un second temps : l'obéissance intelligente ! 

Reprenons l’exemple du couteau : dans l’obéissance intelligente, l’explication sur le danger devrait arriver après l’ordre de lâcher l’objet, et non avant. Pourquoi ? Parce que, dans cette expérience, chacun est à sa place, parents et enfant sont respectés dans leurs rôles
Le plus jeune obéit tout en restant actif – c’est lui qui ouvre la main – et apprend quelque chose du monde. Et l’adulte est reconnu dans son autorité.

Plus tard, vers 6-7 ans, le même mode de communication se poursuivra, tout en privilégiant une obéissance qui respecte la singularité de l’enfant et fait appel à sa réflexion.                      
Un exemple : le parent pose clairement l’heure du coucher, en tenant compte du rythme particulier de son enfant. « C’est l’heure d’aller te coucher, mais comme tu es un petit dormeur, si tu n’as pas sommeil, tu peux lire une bande dessinée dans ton lit. »

Accepter les petites transgressions

L’obéissance intelligente demande de réajuster en permanence ses exigences en fonction de l’âge de l’enfant, de faire preuve de souplesse. 
Ainsi celui-ci va-t-il, en grandissant, commencer à s’autoriser quelques écarts : rentrer cinq minutes plus tard que l’heure fixée par ses parents, regarder la télé avant de se mettre à ses devoirs...

Comment réagir ?
Par la bienveillance. Votre enfant fait ses devoirs après avoir joué aux jeux vidéo plutôt qu’avant, mais ses résultats n’en pâtissent pas ? Feindre de n’avoir rien vu s’avère la meilleure des attitudes... Ces petites transgressions l’aident à grandir, elles lui prouvent que ses parents ne sont pas tout-puissants, qu’il peut s’en affranchir un court moment sans danger.
D’ailleurs, un enfant dont toutes les transgressions ont été sanctionnées et qui, de fait, n’a jamais pris le risque de s’affirmer, peut se trouver fort dépourvu à l’adolescence : il aura alors des difficultés pour résister à ses copains, pour décider ce qui est bon ou pas pour lui.

Bannir le recours à la séduction

Par peur de perdre l’affection de leur enfant en le frustrant ou par lassitude devant le conflit, ils sont de plus en plus nombreux à avoir recours aux sentiments pour se faire obéir, à coups de « Pour me faire plaisir ». Or il ne s’agit pas de faire plaisir, mais de respecter la loi, incarnée par les parents.
Plus grave, en grandissant, les demandes vont changer, et l’adolescent ne comprendra pas pourquoi sa séduction n’opère plus. Beaucoup d’ados ayant reçu cette éducation ne supportent plus aucune frustration. S’ensuivront alors conflits démesurés, menaces, et parfois violence.            
Surtout si l’on a eu recours à la menace physique pour se faire obéir.

Tenir bon à l'adolescence

Il questionne le bien-fondé des interdits, remet en question la loi, teste les limites et la cohésion parentale. Mieux vaut donc prendre le temps d’affûter ses arguments quand on lui demande d’obéir et... tenir bon ! L’adolescent a en effet besoin de sentir un cadre protecteur qui limite ses débordements. Il faudra cependant discuter différemment, en intégrant notamment la négociation, afin de lui laisser une marge de manœuvre.
Exemple :                     
Le parent dit minuit, l’ado veut 1 heure, la transaction est acceptable à minuit et demi.
  • Il rentre à une heure moins le quart ? Lui faire remarquer son retard.
  • Il rentre à 2 heures. Lui montrer fermement son mécontentement, tout en lui accordant le droit à une seconde chance.
  1. Bien définir les limites     
  2. Ne pas négocier les grands principes
  3. Sanctionner intelligemment
  • L’obéissance cela sert à construire un enfant « civilisé »,
  • grâce à l’obéissance, cet enfant deviendra un adulte épanoui, capable de gérer ses frustrations tout au long de sa vie,
  • il faut poser des limites,
  • l’autorité rassure,
  • ne pas confondre Aimer et Eduquer, d’ailleurs Aimer un enfant passe par l’éduquer et le faire obéir,
  • être dans une cohésion au niveau du couple parental,
  • l’obéissance, cela sécurise un enfant, ne pas mettre de limites c’est générer de l’insécurité permanente chez l’enfant d’où agitation, peurs intenses, angoisses,
  • l’obéissance dite « intelligente » c’est mettre des limites qui ont un sens et l’adapter à l’âge de l’enfant, c’est la protéger des dangers de la vie dont il n’a pas connaissance,
  • l’obéissance passe par la transgression. Il faut mettre en place des sanctions appropriées,
  • bannir le recours à la séduction et le chantage, lorsqu’on pose une limite, il faut être convaincu du bon sens et s’y tenir même si l’enfant fait une colère,
  • tenir bon à l’adolescence, période de la transgression !

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