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Rodolphe Picquet, médecin généraliste et acupuncteur, nous livre un véritable réquisitoire contre l'alimentation trop sucrée. Explications. 

Par Rodolphe Picquet

Parmi les trois grandes familles de nutriments - glucides, lipides et protides - se trouve un véritable diable. Il s'agit des glucides. Cet assassin sournois possède deux visages et, bien entendu, certains glucides sont bons, voir indispensables pour notre santé. Pour distinguer les bons des mauvais sucres, inutile d'analyser leur composition chimique, il suffit de connaître leur Index Glycémique (IG).

L'index glycémique, définition

C'est la vitesse à laquelle un sucre est absorbé dans le sang. On sait ainsi distinguer les bons glucides - les sucres lents - des mauvais glucides - les sucres rapides. Et malgré des valeurs caloriques exactement identiques - 7 kcal/gramme - ces différents sucres n'ont pas du tout les mêmes impacts sur notre silhouette et notre santé.

Les bons glucides : les vrais sucres lents

On a longtemps associé les sucres lents aux féculents, aux pommes de terre et aux produits fabriqués avec de la farine, comme le pain. Or, les bons sucres, c'est à dire les glucides lents, ou à index glycémique bas, ceux qui sont absorbés par notre organisme lentement, au fur et à mesure de nos besoins énergétiques sont essentiellement retrouvés dans les fruits, les légumes, les céréales complètes et les légumineuses.

Les mauvais glucides : des sucres rapides aux effets désastreux !

Ces sucres rapides sont actuellement consommés en bien trop grand quantité. En France, les ventes de sucre sont passées de 5 kg/an/habitant en 1850 à 30–35 kg dans les années 1970. Ils ne font pas partie de notre alimentation "normale" et doivent être normalement consommés exceptionnellement

Qui sont-ils ? Ce sont les sucres raffinés, avec en tête le maltose que l'on trouve évidemment dans le malt et donc dans la bière. Puis le glucose - avec un index glycémique de référence à 100 - que l'on trouve aujourd'hui presque partout : biscuits, bonbons, snacking, sodas...

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Mais ce n'est pas tout et c'est là la grand surprise du calcul des index glycémiques, les sucres très rapides sont aussi présents dans la farine blanche et raffinée, et donc dans le pain blanc, dans les pâtes, dans les pâtes à pizza ou dans les quiches. Et surtout dans les pommes de terre. Et oui, l'index glycémique des pommes de terre au four est de 95, soit presque autant qu'un bonbon gélifié. Pour information, l'index glycémique des pommes de terre bouillies est de 70, soit presque autant que le sucre en poudre (75) !

Les effets de l'excès de sucres sur notre santé

Non seulement, l'excès de sucres est à l'origine de l'épidémie mondiale d'obésité : 15 à 30% de la population des pays industrialisés ! On connaît aussi évidemment les risques de diabète chez les consommateurs réguliers de sucre. Avec aujourd'hui l'apparition de diabète de type 2 chez des sujets de plus en plus jeunes. On connaît également l'effet désastreux sur l'hygiène dentaire. Mais les nutrionnistes ont également identifié d'autres maladies induites par l'excès de sucres : maladies cardio-vasculaires (car les sucres font grimper triglycérides et cholestérol), maladies neuro-dégénératives (comme la maladie d'Alzheimer), hyperactivité chez l'enfant, troubles du sommeil, troubles de l'apprentissage, et même l'émergence et le développement de certains cancers (sein, foie, colon, pancréas, œsophage, utérus, rein, vésicule biliaire ...).

Vous l'avez compris, le sucre est un véritable assassin qui avance souvent masqué. Maintenant que vous êtes prévenus, ruez-vous sur le web pour télécharger les tableaux des index glycémiques et pour adapter votre alimentation au quotidien.

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