Aniche : un homme avoue un crime 10 ans après

© Photo du profil Facebook de la compagne de Steve Durand.
© Photo du profil Facebook de la compagne de Steve Durand.

Un homme, vivant à Aniche, confondu par son ADN, vient d'être mis en examen pour un crime commis en 2001.

Par Emmanuel MAGDELAINE (avec AFP)

Un père de famille installé dans le nord de la France vient d'être mis en examen pour homicide volontaire avec actes de torture et de barbarie sur une femme de 86 ans qu'il est soupçonné d'avoir commis il y a dix ans dans le Midi alors qu'il avait 17 ans, a-t-on appris mardi de sources proches de l'enquête.

Le crime, qualifié "d'épouvantable" par le propre avocat du suspect, est resté sans auteur présumé de décembre 2001 jusqu'à l'interpellation d'un ouvrier de 27 ans le 15 novembre à l'aube chez lui, dans l'ancien bassin minier à Aniche (Nord), près de Douai.

Une compagne, un enfant, bientôt deux

Les hommes du groupe criminel du SRPJ de Toulouse, assisté de leurs collègues locaux, ont trouvé un homme qui s'était installé dans la vie, avec un travail dans une société de chauffage, un enfant, et un autre à venir.

Il est suspecté d'avoir porté plusieurs coups de couteau à France Boucher en décembre
2001 et de l'avoir étranglée dans l'appartement de la victime en plein centre de Montauban.
Alors apprenti chauffagiste, il était intervenu sur la chaudière de la vieille dame. Il avait été entendu comme témoin, mais n'avait pas été mis en cause, dit La Dépêche du Midi, qui a fait état de l'interpellation.

Aniche : un homme avoue un crime 10 ans après

Les policiers n'ont jamais lâché l'affaire et ont régulièrement confronté du matériel génétique trouvé sur la scène du crime avec leurs fichiers, jusqu'à détecter une concordance avec un individu impliqué dans un recel de vol, une "bricole" selon l'avocat du suspect, Me Emmanuel Tricoire.

Le meurtrier présumé de France Boucher avait été inquiété pour recel d'un téléviseur provenant d'un vol, a expliqué Me Tricoire à l'AFP.
Il a avoué le meurtre devant les policiers, mais n'a pas renouvelé ces aveux devant le juge d'instruction parce qu'il n'était pas en état psychologiquement de répondre aux questions, selon son conseil.

Il a toutefois dit au magistrat être "soulagé" et avoir pensé plusieurs fois à se constituer prisonnier mais n'en avoir jamais eu la force, a rapporté Me Tricoire.

Il est aujourd'hui très perturbé psychologiquement et a été placé en centre médico-pénitentiaire. Il aurait subi des maltraitances dans son enfance et avait été placé en foyer d'accueil.


Le mobile du crime reste obscur. Il n'est pas crapuleux, a dit Me Tricoire. L'instruction
devra tenter de reconstituer ce qui s'est passé dans cet appartement.
Le suspect relève de la justice des mineurs puisqu'il avait 17 ans au moment des
faits.

Selon ladepêche.fr, au parquet de Montauban, la procureur Marie-Françoise d'Esparbès -Serny reste malgré tout prudente : «Cet homme, mineur lors des faits, est aujourd'hui soupçonné de meurtre. Il faut laisser la juge d'instruction travailler et préciser ses responsabilités».  La procureure admet «sa réelle satisfaction» de voir cette enquête enfin progresser. «Les faits étaient trop graves pour être négligés. Malgré les années, le juge d'instruction, les enquêteurs du SRPJ, les magistrats du parquet sont restés mobilisés. Cette détermination semble aujourd'hui payer. Tant mieux»."

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