Le temps se gâte pour Renault. Son usine de Douai va réduire sa production de 25 %. Si aucun licenciement n'est prévu, les ouvriers intérimaires sont les premiers menacés. Selon les syndicats, la moitié d'entre eux pourraient perdre leur place, soit 700 personnes.

Yohan en fait partie et comme beaucoup il s'inquiète pour son avenir. "On a tous nos maisons ou autre. Donc c'est vrai que financièrement, on ne sait pas où on va tout simplement", confie-t-il.

Les voitures qui sont fabriquées ici, l'Espace et la Talisman, se vendent moins bien que prévu. Et pourtant en 2015 ces deux modèles haut de gamme avait été lancés en grande pompe. Ils devaient relancer l'activité de la marque.


Concurrence des SUV et des crossover

Deux ans après, tout a changé, les SUV et les crossover ont fait leur apparition. La vente de ces véhicules, sorte de croisement entre monospace et 4x4, a doublé en 2017 au détriment des berlines de Renault dont les ventes s'effondrent.

-22 % pour la Talisman, -31 % pour l'Espace. Une tendance que l'entreprise aurait dû prévoir selon les syndicats.

"À notre avis, il y a eu des choix qui n'ont pas été très judicieux", explique Pascal Pottiez, représentant SUD chez Renault. "Peut-être des choix de véhicules, parce que maintenant on nous dit que les crossover et les SUV nous prennent des parts de marché. Mais si on savait que les berlines comme nos voitures ne se vendraient pas comme elles devraient se vendre, il ne fallait peut-être pas les fournir à une usine comme Douai."

La direction de l'usine n'a pas souhaité s'exprimer. Mais la marque devrait lancer de nouvelles campagnes publicitaires pour relancer les ventes de sa berline.