Lille : le témoignage d'une femme battue

La jeune femme, victime de la violence de son compagnon, a dû tout quitter. / © Emmanuel Quinart / France 3 Nord Pas-de-Calais
La jeune femme, victime de la violence de son compagnon, a dû tout quitter. / © Emmanuel Quinart / France 3 Nord Pas-de-Calais

Le calvaire d'une jeune maman, battue par son compagnon, a duré trois ans. Elle a dû tout quitter pour fuir la violence. C'est un centre dédié aux violences faites aux femmes, à Lille, qui l'a écoutée et accompagnée.

Par M. F.

C'est ici qu'elle est arrivée une fin d'après-midi avec sa petite fille dans ce centre d'accueil de jour créé il y a trois mois à Lille. Nous l'appellerons Nina. Une femme battue. Elle a accepté de nous raconter un calvaire qui a duré trois ans. Tout a commencé par des insultes.

"Un mois après l'accouchement, ce n'était pas que des insultes", explique-t-elle. "C'était même de me mettre dehors parfois. Je sortais avec ma fille qui avait un mois. Je passais toute la journée ou tout l'après-midi dehors soit dans un parc, soit dans les centres commerciaux."

"Quand ma fille avait trois ans, il m'a battu. Des coups de poing. Et quand je tombais par terre, il me faisait des coups sur les côtes. Au point qu'il m'a cassé deux côtes."

Lille : le témoignage d'une femme battue
Le calvaire d'une jeune maman, battue par son compagnon, a duré trois ans. Elle a dû tout quitter pour fuir la violence. C'est un centre dédié aux violences faites aux femmes, à Lille, qui l'a écoutée et accompagnée. - France 3 Nord Pas-de-Calais - Corinne Péhau, Emmanuel Quinart, Rémy Maucourt

Nina est partie sans rien. Ni vêtements, ni argent. C'est dans un centre dédié aux violences faites aux femmes ouvert dans le quartier de Wazemmes qu'on l'a écouté, qu'on lui a trouvé un logement provisoire éloigné de son bourreau. Mais parfois, les femmes ne viennent pas, elles téléphonent d'abord.

La moitié des appels non traités faute de budget

En 2016, les trois centres d'écoute de l'association répartis sur la région ont  reçu 6 800 appels. Mais là aussi, faute de moyens, près de la moitié des coups de fil n'ont pas pu être traités car seules quatre personnes répondent au téléphone.

"On est en plein restrictions budgétaires. Tout le monde est à buget serré sur les questions d'ouverture de structures ou de créations de dispositifs", déplore Delphine Beauvais, la directrice du pôle violences faites aux femmes. "Néanmoins, ces femmes ont besoin d'un accueil adapté. Elles ont besoin d'une écoute, de places d'hébergement."

Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Depuis des années, un chiffre immuable. Le budget du ministère de l'égalité entre les femmes et les hommes, chargé d'éradiquer ce fléau, est l'un des moins dotés du gouvernement.


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