Des peines s'étalant de 18 mois à trois ans ferme ont été requises ce mercredi 4 octobre par le parquet de Lille contre deux policiers. Ils étaient poursuivis pour des vols à répétition et des violences sur six vendeurs de roses bangladais. Les faits s'étaient déroulés entre février 2012 et février 2013.

L'ennemi (...)  ce sont les vendeurs de roses !


Le procureur Bruno Dieudonné a ironisé sur la "mission" que se sont assignée Fabrice P, gardien de la paix âgé de 42 ans, et Yannick V., adjoint de sécurité à la Police aux frontières (PAF), âgé quant à lui de 30 ans:

"L'ennemi aujourd'hui ce n'est pas les terroristes, pas les trafiquants de drogue, ce sont les vendeurs de roses !" a-t-il déclaré.


L'un des Bangladais interrogé à la barre a raconté avoir été contrôlé et fouillé avant d'être emmené en voiture sur un parking de banlieue.

Giflé par l'un des policiers qui dira n'avoir pas apprécié être "bousculé", il aurait ensuite été volé de 7 euros ainsi que l'équivalent de 80 euros en fleurs, avant d'être laissé, par -7°C à plusieurs kilomètres de son domicile.

Ces fleurs, ce n'est pas grand-chose pour vous, mais ça a une valeur marchande


Un autre Bangladais a relaté avoir été transporté en voiture à la citadelle Vauban de Lille, où on lui a pris 40 euros, 70 fleurs ainsi que le récépissé de sa demande d'asile.

D'autres encore ont évoqué les perquisitions à leur domicile commun - où ils dorment à six dans une pièce de 20 m²- dans lequel parfois jusqu'à 250 euros auraient été volés. Ces accusations ont été confirmées par le témoignage d'un policier de la même équipe.

Un policier quitte l'audience


Les deux prévenus nient les vols et la plupart des violences, tout en reconnaissant la confiscation des roses. De quoi indigner le président Bernard Lemaire : "Ces fleurs, ce n'est pas grand-chose pour vous, mais ça a une valeur marchande, ça les fait vivre petitement. Ils les revendent avec un petit bénéfice, vivent tous dans le même appartement..."

Yannick V. n'a, en réponse, bredouillé que quelques mots, tête basse. Quant à Fabrice P., ses conseils et lui-même avaient quitté l'audience, dénonçant un procès "inéquitable". La décision a été mise en délibéré au 29 novembre.