“Une fille dans la jungle” : les mineurs isolés de Calais racontés par Delphine Coulin

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Des 10 000 migrants mineurs disparus en Europe, ces deux dernières années, Delphine Coulin fait un roman : "Une fille dans la jungle". Au fil des pages, elle raconte Hawa et ses cinq compagnons d'infortune qui peinent à trouver leur place dans le bidonville de Calais.

Par I. El Kaladi

"Aller d'un bout à l'autre du camp revenait à faire le tour du monde. Un voyage au bout de la crasse dans le plus grand bidonville d'Europe", écrit Delphine Coulin dans son nouveau roman, "Une fille dans la jungle". L'écrivaine y raconte la "jungle" de Calais et plus précisément, la vie des jeunes qui peuplaient le bidonville. 

"Une fille dans la jungle" : les mineurs isolés de Calais racontés par Delphine Coulin


"En Europe, au cours des deux dernières années, 10 000 enfants ont disparu. On ne sait absolument pas où ils sont", rappelle Delphine Coulin. Parmi ces milliers de jeunes disparus, certains sont décédés, d'autres ont réussi à rejoindre l'Angleterre, d'autres encore sont tombés aux mains de trafiquants. Hawa, personnage principal, et les autres mineurs qui l'accompagnent en sont le symbole"Mes six personnages vont disparaître chacun leur tour, Hawa va se retrouver de plus en plus seule. Certains pistes sont dessinées", dévoile Delphine Coulin. 


A cheval entre réalité et fiction 


Elle raconte des jeunes qui peinent à trouver leur place dans cette "jungle de boue, en bordure de Manche". Pour cela, un vrai travail de documentation a été nécessaire. "J'ai rencontré des mineurs migrants, je me documente mais ensuite c'est vraiment de la fiction", explique l'intéressée. Delphine Coulin a toujours été à cheval entre la fiction et la réalité : "Je m'intéresse au monde contemporain mais en même temps, l'imaginaire m'importe beaucoup."

Celle qui est aussi cinéaste a, à nouveau, choisi l'écriture. "Je pense que le roman c'est vraiment une façon de parler des choses, de les intéroriser." Un rythme différent des reportages ou des films qui permet plus d'empathie, "le lecteur a le temps, il va peut-être plus se mettre à la place des migrants et c'est ça dont on a besoin en ce moment."

Le roman est en lice pour le prix Médicis. Verdict en novembre prochain.

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