Législatives : le Parti socialiste rayé de la carte dans le Nord et le Pas-de-Calais

La défaite de François Lamy à Lille illustre la déroute du PS dans le Nord et le Pas-de-Calais / © MaxPPP
La défaite de François Lamy à Lille illustre la déroute du PS dans le Nord et le Pas-de-Calais / © MaxPPP

C'est du jamais vu dans l'histoire de la Ve République. Aucun candidat du Parti socialiste ne sera présent au second tour des législatives dans le Nord et le Pas-de-Calais, ex-bastions électoraux de la gauche.

Par YF (avec AFP)

Après avoir perdu successivement ces dernières années plusieurs grandes villes (Roubaix, Tourcoing, Dunkerque, Maubeuge...), le conseil départemental du Nord puis le conseil régional (où il ne compte plus un seul élu), le PS n'aura plus aucun député à l'Assemblée Nationale issu du Nord et du Pas-de-Calais

Législatives Nord / Pas-de-Calais : le PS balayé

Aucun candidat socialiste ne s'est qualifié dimanche pour le second tour dans les deux départements. Du jamais vu dans l'histoire de la Ve République et même depuis la création de la SFIO (ancêtre du PS) en 1905. Les deux seules députées PS sortantes en passe de conserver leur siège à l'Assemblée Nationale, Brigitte Bourguignon (5e circonscription du Pas-de-Calais) et Jacqueline Maquet (2e circonscription du Pas-de-Calais), sont passées chez La République En Marche, le mouvement d'Emmanuel Macron.  


Les socialistes - et son allié le PRG - avaient pourtant réalisé un quasi sans-faute en 2012 dans le Pas-de-Calais, avec 11 circonscriptions remportées sur 12. Dans le Nord - qui compte plusieurs fiefs de droite - il en avait remporté 8 sur 21. En seulement 5 ans, tout s'est écroulé, tel un château de cartes...


Seul l'allié MRC Christian Hutin, maire délégué de Saint-Pol-sur-mer, a survécu au massacre dans la 13e circonscription, à Dunkerque. Mais il a quand même perdu plus de 23 points par rapport au 1er tour de 2012. "C'est un moment difficile, un sentiment d'injustice par rapport à la qualité de nos candidats", estime Martine Filleul, patronne de la Fédération PS du Nord. 
 

Hutin (MRC) seul survivant dans le Nord de l'ex-groupe socialiste à l'Assemblée


Dans le Pas-de-Calais, seul Bertrand Petit, maire PS de Saint-Martin-lez-Tatinghem, a franchi la barre des 20% dans la 8e circonscription (Saint-Omer). Mais la place au second tour a été perdue à 33 voix près en faveur de la candidate FN Karine Haverlant. Et la faible participation (51,59%) ne lui a pas permis de se maintenir pour une triangulaire.

A Lens, ville historiquement ancrée à gauche, la jeune candidate PS Frédérique Masson n'est pas parvenue à prendre le relais de son mentor Guy Delcourt. Son score famélique - 8,96% - rend le député sortant (et ancien maire de la ville) particulièrement amer. "J'ai 52 ans de Parti socialiste", rappelle-t-il. "Toutes les mesures sociales dont bénéficie aujourd'hui cette population, c'est nous qui les avons votées, personne ne pourra dire le contraire. Et le remerciement, c'est le résultat de ce soir ? Je ne vous cache pas que j'ai de l'amertume". Mais dans le bassin minier, les affaires Dalongeville à Hénin-Beaumont et Kucheida à Liévin ont aussi laissé des traces au sein de l'electorat, servant de marche-pied au Front National dans sa conquête des corons...
 

Le clan Aubry en déroute à Lille

Détenue quasiment sans interruption depuis 40 ans par le PS, la 1ère circonscription du Nord, qui recouvre le coeur de Lille et une partie de sa périphérie, a choisi un duel En Marche / France Insoumise pour le second tour. Le protégé de la maire de Lille Martine Aubry, l'ancien ministre de la ville François Lamy, a été balayé, avec 9,1% des voix. Il était promis au mandat de maire, s'il s'était adjugé cette "circonscription du beffroi", ainsi baptisée pour sa propension à servir de tremplin à la conquête de la mairie. Dimanche, sitôt connu les résultats, il a publié un message ironique sur Twitter : "Dans cette soirée de Berezina pour la gauche, un grand merci à Francois Hollande et Manuel Valls...#mercipourcesmoments"


Dans la 2e circonscription voisine (Villeneuve-d'Ascq), Audrey Linkenheld - qu'on surnommait à une époque "Bébé Aubry" - a été éliminée elle aussi après un seul mandat à l'Assemblée Nationale. "Le temps de la clarification et d'une refondation est venu pour la social-démocratie française", a déclaré de son côté Patrick Kanner, ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Rival de Martine Aubry, on lui prête des intentions en vue des municipales de 2020. En attendant, il sera tête de liste du PS aux élections sénatoriales en septembre prochain, ce qui lui donne au moins l'assurance de décrocher un siège de parlementaire en attendant des jours meilleurs...

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