“Happy End” à Cannes : le réalisateur Michael Haneke filme les bourgeois de Calais

Mickaël Haneke et Isabelle Hupert à Cannes.  / © AFP
Mickaël Haneke et Isabelle Hupert à Cannes. / © AFP

"Happy End" sera présenté ce lundi soir au Festival de Cannes. Soutenu par Pictanovo, tourné dans la région l'an dernier, c'est le septième film du réalisateur à concourir sur la Croisette, avec dans les rôles principaux Isabelle Huppert, Jean Louis Trintignant et Mathieu Kassovitz.

Par Christelle Massin

Autour de lui, en salle de presse, il y a d'abord la famille. La famille de cinéma. Huppert, Trintignant. Le premier cercle. Puis il y a celle que l'on découvrira sur les écrans l'automne prochain. Les Laurent, riches industriels du Nord de la France dont la superbe maison de maître peine à masquer le malaise transgenerationnel, où chacun veille sur ses secrets. Le clan étouffant court à la catastrophe tout en sauvant les apparences face à la bourgeoisie locale. 

Extrait de "Happy End", de Michael Haneke


Longue silhouette, costume noir, yeux perçants, devant les journalistes. Haneke refuse ce matin de répondre à une seule question : quel rôle jouent les migrants de Calais qui, durant quelques secondes, traversent le film et la plage comme des fantômes dans l'errance d un groupe ? De quoi sont-ils le nom ? "Je refuse de donner des indices, au spectateur de trouver une explication. Jje pourrais faire la même histoire en Allemagne, en Autriche", explique le réalisateur. "Le sujet c'est notre autisme, notre aveuglement bien que nous soyons inondés d informations. Je vois avec une certaine amertume que nous regardons notre nombril et pas la vie qui nous entoure."


"Jamais psychologique"


"Avec Haneke, ce n'est jamais psychologique" explique Jean-Louis Trintignant. "Il montre des actions." Pour le film qui sortira en octobre prochain, la caméra d'Haneke s'est posée à Calais, mais l'imposante demeure des Laurent est une grande maison de maître douaisienne. Heureuse ou malheureuse, la scène finale a été tournée en trois jours dans la force des vagues et dans une mer du Nord à 16 degrés. 



Loin d'"Amour" ou du "Ruban Blanc" (tous deux Palme d'Or) le film provoque le malaise sans complètement convaincre. Son humour un peu tordu nous permet heureusement de décompresser, de rêver à une fin meilleure et de desserrer l'étau : la froideur des sentiments.


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