Congrès FN : Maréchal-Le Pen arrive en tête au vote interne, Briois 3ème

Marion Maréchal-Le Pen (octobre 2014). / © AFP
Marion Maréchal-Le Pen (octobre 2014). / © AFP

Steeve Briois, maire d'Hénin-Beaumont, a obtenu 69% des voix au vote interne pour le comité central du Front national. 

Par AFP

Les militants frontistes ont tranché net le match interne annoncé entre Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot : au jeu du vote au comité central, le parlement interne du parti, la députée du Vaucluse est arrivée première et son rival quatrième. 

Des sources internes du parti ont communiqué samedi matin à l'AFP le classement pour les dix premières places dans cette instance souvent interprétée comme un baromètre de popularité interne: Marion Maréchal-Le Pen a devancé Louis Aliot, vice-président du parti et compagnon de Marine Le Pen, le maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Steeve Briois, et le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot.

Avant même l'ouverture du XVe congrès du parti, qui se déroule samedi et dimanche à Lyon, l'issue de son principal enjeu était donc connue. Selon plusieurs sources, Mme Maréchal-Le Pen a recueilli 80% des votes internes, Louis Aliot 76%, Steeve Briois 70%, Florian Philippot 69%. L'eurodéputé Bruno Gollnisch, concurrent malheureux de Marine Le Pen lors de la succession de Jean-Marie Le Pen en janvier 2011, au précédent congrès à Tours, obtient 65% et la cinquième place.

La participation pour ce XVe congrès se situe autour de 50%, un taux "inespéré pour un congrès sans véritable enjeu" selon un membre du bureau politique. La participation en 2011 avait été de 76,45%. A 24 ans à peine, élue députée du Vaucluse en 2012, Marion Maréchal-Le Pen obtient un très beau succès. Plus libérale économiquement, plus conservatrice sur la plupart des sujets de société que l'actuelle ligne du parti - des "nuances" dit-elle -, la députée ne devrait pas pour autant accéder à une vice-présidence et faire son entrée au bureau exécutif du FN, la plus haute instance du parti, ont indiqué les  mêmes sources à l'AFP.

Pour Florian Philippot, difficile d'interpréter son rang autrement que comme une contre-performance au vu de son omniprésence médiatique et du poids qu'il a pris dans les instances du parti depuis son arrivée avant la présidentielle de 2012. Cet ex-chevènementiste, gaulliste revendiqué au discours dominé par l'économie, a parcouru les fédérations, mais il n'est pas la copie conforme de militants dont les premières préoccupations restent les "fondamentaux" frontistes: l'immigration, l'insécurité et les impôts.

Un cadre FN ironisait il y a quelque jours sur un éventuel mauvais classement pour M. Philippot: "Ça voudrait dire que les gens ne regardent plus tellement la télé". Mais ce partisan assumé de Marion Maréchal-Le Pen disait aussi qu'il faudrait y voir la victoire d'une sensibilité sur l'autre, et un message adressé à la présidente du FN pour la composition du prochain organigramme et dans la perspective de l'élaboration du programme en 2017.

Un victoire pour Briois

C'est aussi une belle victoire pour MM. Aliot et Briois, deux proches de Marine Le Pen déjà premier et quatrième en 2011, qui semblaient éclipsés par M. Philippot mais qui le devancent in fine, grâce à une popularité intacte auprès des adhérents.

La fille de Jean-Marie Le Pen avait de toute façon écarté à l'avance toute interprétation à donner à cet ordre d'arrivée: "Ça n'a aucune importance" avait-elle prévenu.  Ce duel, disait-elle, "est une construction médiatique, la réalité c'est que Florian et Marion pensent exactement la même chose, ils l'expriment avec leurs mots en fonction de leur parcours, de leur sensibilité."

Dans ce classement du Comité central suivent le sénateur-maire de Fréjus (Var), David Rachline, le trésorier et avocat du parti, Wallerand de Saint-Just, le sénateur-maire du VIIe secteur de Marseille, Stéphane Ravier, l'eurodéputée et vice-présidente du parti Marie-Christine Arnautu et en dixième position, le futur secrétaire général du parti, Nicolas Bay.

Cela renseigne aussi sur l'évolution des adhérents du parti, 83.000 actuellement revendiqués contre 23.000 en janvier 2011: le "top 10" offre une place aux nouveaux arrivants, puisque Marion Maréchal-Le Pen, Florian Philippot et Nicolas Bay n'étaient pas candidats à la précédente élection. Mais il reflète aussi une certaine permanence: plusieurs "historiques", tels Bruno Gollnisch, Wallerand de St-Just, Stéphane Ravier ou Marie-Christine Arnautu apparaissent
bien placés. Les résultats seront officiellement annoncés dimanche lors de la seconde journée du congrès, avec le nouvel organigramme. Marine Le Pen s'exprimera à 15h.

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