"Même 30 euros, nous sommes preneurs. Toute aide est bonne à prendre", souligne Jean-Pierre Roda, le président des Restos du cœur de l'Oise. Depuis deux ans, quand vient l'hiver, l'association envoie une lettre à toutes les communes du département, pour demander des subventions.

Car chaque année, son déficit s'élève à 90 000 €. En cause : la baisse des dons des particuliers d'un côté, tandis que de l'autre le nombre de demandeurs augmente. "C'est Paris qui boucle nos fins de mois, mais à Paris aussi la demande est forte. Notre objectif est de parvenir à l'équilibre."

Notre argument pour convaincre les maires et les conseils municipaux, poursuit-il, c'est de dire qu'on a distribué tant de repas chez eux.
 

"Que chacun donne un peu"


Cette année, une trentaine de communes ont donné pour la première fois. Cela ne suffit cependant toujours pas. "Avant, nous demandions uniquement aux grosses communes. Désormais, nous sollicitons tout le monde. Nous avons un noyau d'une cinquantaine de communes, contributeurs réguliers. L'idée est d'étendre ce noyau, que chacun donne un peu." L'association précise : "Nous ne demandons pas des grosses sommes. Si chaque maire donnait 200 euros, nous serions bon."

Souvent, les Restos du cœur essuient des refus, notamment lorsque la mairie explique avoir déjà une épicerie sociale.

"Il faut qu'on fasse connaître les Restos, constate Jean-Pierre Roda. Nous ne faisons pas que l'alimentaire. On aide aussi à l'insertion professionnelle, on aide les gens à partir en vacances, on fait des micro-crédits…"

Pédagogie


Le président départemental multiplie donc les échanges avec les mairies, dans un effort de pédagogie. "Il faut se mettre à la place d'un maire. Si on ne va pas lui demander de l'aide, il a autre chose à penser que de donner aux Restos."

Dans l'Oise, l'association aide près de 10 000 personnes. Plus d'un million de repas sont distribués chaque année. D'où l'importance de la survie des Restos : "Si on continue à perdre de l'argent alors que les dons individuels baissent, au bout d'un moment cela va coincer", déplore Jean-Pierre Roda. Déjà depuis deux ans, la campagne hivernale a dû être raccourcie, passant de 17 semaines à 16.