Mardi, en pleine nuit, le sol qui soutenait une maison de Bertincourt (Pas-de-Calais) s'est fissuré soudainement. Dès le lendemain, les pelleteuses se sont mises en action pour détruire l'habitation au plus vite, par sécurité.

"Vous avez un trou en dessous. Tous les matériaux descendent dans ce trou, ce qui fait que ça crée un vide sous le bâtiment", détaille Richard Boniface, le chef du chantier de démolition. "Ensuite, il n'y a plus de portance. On va dire que les fondations sont dans le vide, et avec le poids, ça part."

Lucien Corbeau dormait dans la maison située juste à côté. "On a été évacués vers 2h30 du matin par les pompiers", raconte-t-il. "Ils nous ont réveillés et nous ont dit qu'il faut sortir tout de suite, que la maison va s'effondrer."

"Il y a 25 ans qu'on habite là", ajoute-t-il. "D'un seul coup on nous dit qu'il faut partir, que vous laissez tout."

Ce n'est pas la première fois que genre d'incident arrive dans la région. La même chose est arrivé dans un cimetière dont le sol s'est effondré il y a un an.


La "Grande Guerre" en cause ?

En fait dans la région, le sol est extrêmement poreux. Il y a de nombreuses cavités qui sont liées à l'histoire du territoire.

Une histoire qui remonte à la Première guerre mondiale. À l'époque le sud de l'Artois était sous l'occupation.

Les Allemands creusent alors de nombreux tunnels pour cacher leurs hommes et leur armes.

"À l'heure actuelle avec les infiltrations d'eau, la carrière est devenue très friable", précise Jean-Jacques Dobremetz, spécialiste de l'histoire locale. "Et puis les piliers qui supportent une partie des 'plafonds' de ces souterrains est en train de s'effriter. C'est ça qui provoque des effondrements."

Le problème, c'est qu'il est impossible aujourd'hui de connaître l'emplacement exact de tous ces tunnels Les effondrements sont donc toujours difficiles à prévoir.