Un premier chiffre, édifiant : 92,5% des migrants interrogés à Calais souhaitent déposer leur demande d'asile en Grande-Bretagne. Grâce à l'enquête réalisée par l'association l'Auberge des Migrants, on en sait un peu plus sur les projets d'asile des migrants présents à Calais, et donc sur l'efficacité des réponses apportées par l'Etat. 

Si la quasi-totalité des migrants de Calais souhaite partir en Angleterre, les raisons sont variées : 62% d'entre eux déclarent avoir de la famille là-bas, 15% souhaitent y faire leurs études, 6% pensent que l'Angleterre respecte mieux les droits de l'Homme. Chiffre plus étonnant : 10% pensent que le réglement Dublin ne s'y applique pas (règlement qui permet à l'Etat de renvoyer un migrant vers son pays d'entrée en Europe), ce qui est complètement faux. 

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Cette procèdure, régulièrement débattue en France, est source d'inquiétude pour ces potentiels demandeurs d'asile. Un quart d'entre eux a peur d'être mis sous procèdure Dublin, 16% d'entre eux ne se sentent pas en sécurité en France. "Hors de question de rester ici. La police me fait trop peur", explique un Soudanais dans l'étude. "Tout ce que je veux, c'est un abri et un peu de dignité", poursuit un homme originaire d'Afghanistan. 


Quelle réponse apporter ? 


Après le constat, l'étude tente d'apporter des solutions pour gérer cette question migratoire. Pour l'association, les réponses apportées montrent que la mise en place des CAO (Centre d'Accueil et d'Orientation) ne peut être la seule solution, puisque la quasi-totalité des migrants souhaitent demander l'asile en dehors de la France. "La politique actuelle du gouvernement à Calais (lutte contre les points de fixation et CAES) est une solution pour seulement 1.17% de la population", poursuit l'étude. 

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L'association conclut l'enquête par des recommandations, qui indiquent, entre autres :
  • créer des couloirs humanitaires avec l’Angleterre, pour que les exilés ne soient pas obligés de traverser la frontière en grimpant sur des camions pour demander l’asile là-bas.
  • application de l’amendement Dubs par le gouvernement britannique, pour que les mineurs puissent rejoindre leur famille.
  • modification de l’application des accords de Dublin III, afin que les exilés demandent l’asile en France.