À Grande-Synthe, le retour des migrants et “l'éternel recommencement” pour les associations

© DENIS CHARLET / AFP
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C'est une impression de lassitude qu'éprouvent les associations qui fournissent désormais des centaines de repas aux migrants évacués il y a une semaine à peine.

Par Q.V avec AFP

Au campement sauvage du Puythouck à Grande-Synthe, c'est le retour à la case départ, pour les associations qui ont recommencé les distributions de repas et de vêtements, une semane seulement après l'évacuation.

Ce que je veux c'est aller en Angleterre. Donc je suis revenu ici


Ils sont près de 400 à avoir réinvesti le bois. L'un d'eux, Ali*, est revenu au bout de trois jours. "Je suis allé à Péronne (Somme), la police m'a forcé. Je n'en avais pas envie".


"J'ai pu prendre une douche là-bas, mais ce que je veux c'est aller en Angleterre. Donc je suis revenu ici", poursuit le jeune Pakistanais, qui a dormi, sans tente, entre l'autoroute et une zone commerciale, dans des conditions très difficiles.

Le camp est revenu au point zéro


Le 19 septembre, une douzaine de bus ont emmené 560 migrants vers des Centres d'accueil et d'orientation (CAO). La "19e opération" du genre depuis le printemps, assure la préfecture. Irakiens, Afghans, Pakistanais ou Soudanais sont de retour, en majorité des hommes seuls. 

Les migrants sont en transit ici, leur projet de vie, c'est de passer en Angleterre


"C'est l'éternel recommencement", constate pourtant Aurélie Denoual, coordinatrice médicale de Médecins du monde sur le littoral. "Le camp est revenu au point zéro" ajoute Latif Nihenni, de l'association Salam. La situation tourne en rond".

La seule chose qu'on n'a pas essayée depuis vingt ans, c'est l'accueil


Pour le coordinateur régional de Médecins du Monde, "il n'y a rien de surprenant qu'ils reviennent. Les migrants sont en transit ici, leur projet de vie, c'est de passer en Angleterre".

"Le réflexe d'évacuer encore une fois peut rassurer les gens mais ils peuvent mettre autant de CRS et évacuer autant de fois qu'ils veulent, ce n'est pas la solution. La seule chose qu'on n'a pas essayée depuis vingt ans, c'est l'accueil", regrette-t-il.


Dans un entretien à La Voix du Nord, le maire écologiste Damien Carême assure avoir trouvé un consensus avec le préfet : "L'Etat pourrait organiser un accueil de jour à Grande-Synthe, avec sanitaires, douches des locaux pour se reposer au chaud... avec des maraudes. Et le soir, les réfugiés iraient dormir dans des chambres, ailleurs, dans d’autres lieux, d’autres villes."

*Le prénom a été modifié.

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