Avec la trêve hivernale, un peu de répit pour les locataires en difficulté

Carole et son fils Ludovic avaient fait leurs cartons. Ils devaient être expulsés mardi de leur logement. Ils vont pouvoir bénéficier de quelques mois de répit. / © Jean-Christophe Raczy / France 3 Nord Pas-de-Calais
Carole et son fils Ludovic avaient fait leurs cartons. Ils devaient être expulsés mardi de leur logement. Ils vont pouvoir bénéficier de quelques mois de répit. / © Jean-Christophe Raczy / France 3 Nord Pas-de-Calais

La trêve hivernale approche. Le 1er novembre marquera l'arrêt momentané des expulsions pour les locataires. Un répit de 5 mois pour trouver une solution. Nous avons rencontré à Oignies une mère et son fils qui vont pouvoir rester encore un peu dans leur appartement.

Par M. F. avec Anaïs Hanquet

Carole et son fils Ludovic devaient être expulsés de leur logement mardi par un huissier de justice. Ils vont finalement pouvoir rester chez eux, à Oignies, près d'Hénin-Beumont.

Ils n'y croyaient plus. "Il y a mes trois valises", détaille Ludovic. "Comme je m'étais préparé au pire, j'avais même préparé ma tente".

À la suite d'un accident, cette mère de famille a dû arrêter son travail d'auxiliaire de vie. Ensuite ce fut l'engrenage, chômage puis RSA, les dettes qui s'accumulent. Carole n'avait pas payé son loyer depuis six mois.

Avec la trêve hivernale, un peu de répit pour les locataires en difficulté
La trêve hivernale approche. Le 1er novembre marquera l'arrêt momentané des expulsions pour les locataires. Un répit de 5 mois pour trouver une solution. Nous avons rencontré à Oignies une mère et son fils qui vont pouvoir rester encore un peu dans leur appartement. - France 3 Nord Pas-de-Calais - Anaïs Hanquet, Jean-Christophe Raczy, Sophie Naumovitz

"Je ne pensais pas qu'un jour j'allais arriver si bas", confie-t-elle. "On se dit que ça ne va jamais nous arriver, mais si. Il suffit qu'on n'ait plus de travail, plus de quoi payer, ça arrive vite."

C'est Serge Havet, membre de l'association Droit au logement qui a réussi à les sauver in-extrémis, en négociant un loyer réduit avec le propriétaire.

"Normalement aujourd'hui à 14h, c'était l'expulsion avec les forces de l'ordre. Donc la dame dehors, son gamin dans la nature", précise-t-il. "J'ai négocié, et ça n'a pas été facile. L'accord, je l'ai eu à 19h hier soir pour que cette dame ne soit pas mise dehors et qu'on trouve d'autres solutions."

Un centre d'appel pour aider les locataires

Un numéro d'aide, le 03 59 61 62 59, a été mis en place dans la région afin de prévenir ces expulsions. C'est à l'agence d'information sur le logement du Nord et du Pas-de-Calais que les appels sont traités. Mais certaines personnes tardent avant d'appeler à l'aide.

"Soit parce qu'elles ne pensaient pas que cela puisse leur arriver parce qu'elles ont des enfants ou parce qu'elles ont un âge plus avancé", explique Elisabeth Heuls, juriste pour l'agence d'information sur le logement. "Ou alors vous avez des personnes qui sont souffrantes, qui n'ont pas envie de regarder leurs papiers, qui n'ouvrent pas leur enveloppe, qui ne font pas leurs comptes parce qu'elles ont peur."

Ici, plus de 1 200 personnes ont déjà été aidées depuis le début de l'année.


La trêve hivernale, c'est quoi ?

La trêve hivernale interdit l'expulsion d'un locataire qui n'a pas payé son loyer entre le 1er novembre et le 31 mars. Comme le précise le site Service-Public.fr, deux exceptions sont prévues pour cette trêve. L'expulsion demeure possible s'il est prévu un relogement décent pour le locataire et sa famille ou si les locaux font l'objet d'un arrêté de péril.

En revance, la trêve hivernale n'empêche pas le propriétaire d'engager un recours devant le tribunal d'instance visant à ouvrir une procédure d'expulsion. L'expulsion sera alors effective dès la fin de la trêve.

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