Lumbres : contre la désertification médicale, il tente de convaincre les futurs médecins

Certaines zones du Pas-de-Calais sont durement touchées par la désertification médicale. (illustration) / © MAXPPP
Certaines zones du Pas-de-Calais sont durement touchées par la désertification médicale. (illustration) / © MAXPPP

Yann Lefebvre, jeune médecin, a choisi de s'installer en zone rurale et participe à la lutte contre la désertification médicale. 

Par Jeanne Blanquart

A domicile ou à son cabinet, Yann Lefebvre multiplie les consultations, jusqu'à 40 chaque jour, en pleine campagne audomaroise. Pour visiter chaque patient, il parcours 100 à 150 kilomètres quotidiennement et sans regret.

Lumbres : contre la désertification médicale, il tente de convaincre les futurs médecins
>> Un reportage de Lila Haffaf, Flavien Bellouti et Amandine Maquet. 

"Ce ne sont que des personnes âgées, que des gens qui ne sont pas capables de venir au cabinet", explique Yann Lefebvre. "Si je ne vais pas voir les gens qui ne sont pas capables de se déplacer, ça ne sert à rien, je ne fais pas ce boulot-là. Si c'est pour ne voir que des gens en bonne santé dans un cabinet ça ne sert à rien."


Coup de pouce financier


Yann Lefebvre est né dans cette campagne et rêvait d'y pratiquer la médecine. Pour y arriver, il a bénéficié d'une aide financière de l'Etat durant ses études à condition d'exercer pendant 6 ans sur ce secteur.

"C'est clairement un coup de pouce financièrement", précise le jeune médecin. "Quand on est externe, on touche entre 300 et 400 euros, là ça fait un coup de pouce de 1100 euros en plus. Et une fois qu'on est interne, on touche 1300 euros, donc ça m'a permis d'acheter ma maison, de commencer dans la vie beaucoup plus confortablement."


Sensibiliser les étudiants


Nous retrouvons Yann à l'Université catholique de médecine de Lille. Entouré de confrères, devant des étudiants, il parle des avantages de la médecine en zone rurale. Une pratique loin des clichés de l'isolement.

"Le fait d'habiter en campagne, c'est pas une tare", explique Yann aux étudiants réunis. "Si j'ai envie d'aller à un concert, je vais à un concert. Si j'ai envie d'aller à Paris, je vais à Paris. C'est pas incompatible." Un discours qui rassure bon nombre de futurs médecins. "Quand on n'a pas de parents ou de famille dans le milieu médical c'est vraiment des choses qu'on ne connaît pas. Ca peut faire peur", témoigne un étudiant. "C'est plutôt rassurant parce qu'on sent qu'on est désirés dans les régions", ajoute une autre. 

A l'origine de cette rencontre, une élue particulièrement sensible à la question des déserts médicaux. "Je me bats en tout cas pour qu'on arrête avec ces discours misérabilistes, où on parle de la ruralité comme si on était une zone d'Indiens, qu'il n'y avait plus rien...", explique Brigitte Bourguignon, député (REM) dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais. "Non. Les zones rurales sont très actives."

Trop peu d'étudiants font pour l'instant le choix de la ruralité. Dans la promotion de Yann, seules 4 autres personnes se sont laissées tenter.

Carte du nombre de médecins par commune

En survolant la carte, découvrez le nombre de médecin dans chaque commune des Hauts-de-France. Vous pouvez également cliquer sur une commune pour afficher les chiffres.
Données : Conseil national de l'Ordre des médecins (chiffres de 2017)


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