Somme : 7 lycéens toujours sans abri cet été

A Amiens, le 115 ne peut pas prendre en charge chaque jour tous les sans abri. / © Guillaume CLEMENT/MAXPPP
A Amiens, le 115 ne peut pas prendre en charge chaque jour tous les sans abri. / © Guillaume CLEMENT/MAXPPP

Le réseau Education Sans Frontière de la Somme tire la sonnette d'alarme : sept lycéens d'Abbeville et d'Amiens se retrouvent sans hébergement depuis la fin de l'année scolaire. 

Par Romane Idres

Depuis la fin du mois de juin, le Réseau Education Sans Frontière de la Somme (RESF 80) alerte les autorités sur la situation de jeunes étrangers (demandeurs d'asile ou en situation irrégulière) qui se retrouvent sans abri. Pendant l'année scolaire, ils vivaient en internat dans les lycées dans lesquels ils étaient scolarisés. 


Solution précaire


Mais la fin des cours a sonné, et ils ont perdu leur toit. "A la fin de l'année, on avait 14 jeunes dans cette situation", explique Didier Cottrelle, militant RESF. "On a signalé le problème à la préfecture, qui a fini par accorder un hébergement d'urgence, en auberge de jeunesse, à six d'entre eux." La préfecture a finalement pris une décision exceptionnelle en proposant, sur le budget de l'Etat, d'héberger six d'entre eux à l'auberge de jeunesse d'Amiens jusqu'à la rentrée scolaire. "Nous avons décidé de prendre en charge les plus isolés et les plus vulnérables. Ceux qui n'ont pas été sélectionné ne rentraient pas dans ces critères", précise la préfecture. 

Ces derniers jours, un septième lycéen a appris par le 115 (service d'urgence sociale) qu'il était accepté lui aussi à l'auberge. Reste désormais encore sept jeunes à mettre à l'abri jusqu'à la rentrée. "Ils appellent le 115 tous les jours, ils se retrouvent parfois à dormir dehors, ou dans les gares, ils improvisent. Ils sont épuisés.", souffle Didier, dépité. 

Enfants ou adultes ?


L'enjeu de taille dans cette affaire, c'est l'âge des jeunes concernés. S'ils prouvent qu'ils ont moins de 18 ans, les services sociaux du conseil départemental seraient dans l'obligation de les prendre en charge.

Les 14 jeunes en question disent être mineurs, et d'après RESF, quelques uns disposent même d'un extrait de naissance. Mais légalement, pour le momement, aucun n'a été reconnu comme tel. L'Aide Sociale à l'Enfance a contesté leur minorité, et le juge pour enfants les a déclaré majeurs. Ils attendent leur jugement en appel. En attendant, ni l'Etat ni les collectivités n'ont l'obligation légale de trouver une solution. La préfecture souligne donc le caractère excptionnel de sa décision.  

En attendant, RESF 80 a lancé une pétition pour alerter les élus locaux et les autorités. Plus de 300 signatures ont été récoltées sur papier, et plus de 250 en ligne. 

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