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Mercato : pourquoi le LOSC est-il toujours obligé de vendre beaucoup ?

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Chaque année, c'est le même scénario, le LOSC vend certains de ses meilleurs éléments, achète beaucoup moins mais ne devient pas "riche" pour autant...

Par EM

Le LOSC a été très actif pendant ce mercato : 46 millions d'euros de ventes (Sidibé, Boufal, Guirassy, Pavard, Rodelin) et 12,5 millions d'euros d'achats (Eder, De Préville, Sankharé + Sliti à acheter 2M€ prochainement). Le solde est largement positif : +33,5M€.

De quoi mettre le club lillois à l'abri du besoin ? De quoi permettre d'investir ? De quoi faire des réserves pour les années plus difficiles ? Non, pas du tout. Ceux qui pourraient imaginer le club lillois "riche" se trompent. Ce "bénéfice" acquis pendant le mercato devrait tout simplement servir à combler le trou. Le "déficit" structurel du LOSC.  

Malgré ce solde positif, le LOSC va réussir tout juste à équilibrer ses comptes. A la fin de la saison, pour simplifier les recettes étaient inférieures de 25M€ aux recettes. La différence doit être compensée par le produit des transferts : 33,5 - 25 = 8,5M€. Il faut ajouter 5M€ de manque à gagner dû à l'élimination en Ligue Europa et vous obtenez un "résultat net" de 3,5M€. Sachant que toutes les sommes obtenues lors des transferts n'ont pas encore été encaissées, on comprend mieux pourquoi, se méfiant de la DNCG (organisme de contrôle de gestion du foot français), Michel Seydoux a préféré demander au Red Star un prêt avec option d'achat pour Sliti. Ce qui a surpris de nombreux supporters, persuadés que le LOSC avait les moyens de payer ce "petit" transfert de 2M€. 

Une situation financière un peu délicate que Michel Seydoux, président du LOSC, expliquait ainsi cette semaine dans La Voix du Nord : "Les recettes du stade Pierre-Mauroy sont en baisse, ce qui n’est pas le cas de son coût (10 millions d’euros par an). On a perdu de l’argent sur le sponsoring et nous ne sommes pas qualifiés en Ligue Europa. Voilà tous les éléments qu’il faut prendre en compte. " Des explications conjoncturelles pour un déficit qui est pourtant aussi structurel. 

C'est quoi un déficit structurel ? Tout simplement une perte récurrente, un écart quasi-permanent entre les recettes courantes et les dépenses. En clair. Le LOSC dépense trop et n'engrange pas assez de recettes. Ou les deux. Et ça dure depuis très longtemps. 

Prenons l'exemple de la saison 2014-2015 (nous n'avons pas encore les comptes 2015-2016). Voici les principales dépenses et recettes du club dans cette période. 


Pour compenser la différence entre les dépenses et les recettes, le LOSC avait vendu à la fin de cette saison les cadres Simon Kjaer, Idrissa Gueye, Nolan Roux ou le jeune espoir malien Adama Traoré. Au total, le club lillois avait réalisé un bénéfice de près de 20 millions d’euros. Cette situation est la même depuis au moins cinq saisons. Un budget déséquilibré hors transfert et compensé à chaque mercato par des ventes de joueurs qui rapportent.

Pas de miracle financier

Un modèle qui permet au LOSC d'avoir un assez gros budget et de recruter. Mais cette stratégie n'est pas forcément comprise des supporters qui regrettent de voir partir les bons éléments. "Je suis obligé de veiller aux équilibres et je comprends leur réaction (NDLR : des supporters), précise Michel Seydoux. Je trouve que l’on a une très belle équipe. Lille est le club qui a le plus acheté cette saison. Boufal et Sidibé ont multiplié leur salaire par trois en partant. J’essaye de rester cohérent." 

En Ligue 1, de nombreux plus petits clubs, sans portefeuille de joueurs "bankables" n'ont d'autre choix que de ne dépenser que ce qu'ils gagnent, sans faire de folie... Cette stratégie plairait-elle plus aux supporters ? Pas sûr.

En attendant, le LOSC n'a pas vraiment de marge de manoeuvre pour faire évoluer ses dépenses et ses recettes : la masse salariale a déjà été abaissée, le stade Pierre-Mauroy aura toujours un coût, les droits télé n'augmentent plus de façon spectaculaire, le sponsoring est en crise... Seule solution pour sortir de ce modèle très "Ligue 1" : espérer la venue d'un investisseur prêt à "perdre" de l'argent, un mécène... 

Il y a peu, Michel Seydoux a pensé vendre le LOSC. Mais il n'a pas trouvé de volontaire offrant toutes les garanties et a donc décidé de cesser ses démarches avant l'été. Il n'y aura donc pas de miracle financier à Lille et c'est peut-être pas plus mal comme ça... Les supporters de l'OM inquiets du profil de leur repreneur américain ne diront pas le contraire... 

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