PSG-LOSC : pourquoi le but de Pastore aurait dû être refusé

Le 1er but parisien lors de la finale de la Coupe de la Ligue a fait beaucoup parler de lui depuis ce samedi soir. Etait-il valable ? Le débat fait pencher clairement vers le "Non'. On vous explique pourquoi. 

Par EM

40ème minute de la finale entre le PSG et le LOSC. Un corner tiré par Di Maria côté droit. Enyeama intervient dans les airs avec ses poings. Le ballon arrive dans les pieds de Pastore qui d'une belle reprise de volée frappe en direction du but. Le ballon est dévié par Soumaoro. Kurzawa, deux mètres devant la ligne de but, écarte les jambes pour laisser passer le ballon. But pour le PSG. Valable ? Pas valable ? La balance penche clairement vers la 2ème réponse. voici pourquoi. 

1. Kurzawa hors-jeu 

Au moment où Pastore déclenche son tir, Kurzawa est clairement hors-jeu. Le règlement stipule qu'il faut au moins deux défenseurs entre le joueur et le but. Là, il n'y en a aucun, Enyeama et Basa sont devant lui. Sur ce point, aucune discussion possible.

2. Kurzawa participe-t-il à l'action ?

Le débat commence avec cette image. Le ballon arrive sur Kurzawa, qui écarte les jambes pour laisser passer le ballon. Fait-il partie de l'action ? Si oui, le but n'est pas valable. Si non, il est valable. "Même si Kurzawa ne se trouve pas devant Enyeama, il me semble que le portier lillois est gêné par le Parisien, dans la mesure où Enyeama ne peut pas intervebnir normalement compte tenu de la postion trop rapprochée du joueur", pense Joël Quiniou, ancien arbitre international dans l'Equipe. Sur RTL, Bruno Derrien a, lui, jugé le but valable. "Selon la loi 11, être en position de hors-jeu n’est pas une infraction en soi. La position de hors-jeu d’un joueur ne doit être sanctionnée que si le joueur prend, de l’avis de l’arbitre, une part active au jeu en intervenant dans le jeu ou en influençant l'adversaire. Alors, est-ce que Kurzawa est intervenu dans le jeu ou a influencé (passivement) l'adversaire ? L'arbitre doit répondre à ces questions."

3. Une affaire d'interprétation ? 

Le hors-jeu de position est toujours laissé à l'appréciation de l'arbitre. S'il juge que Kurzawa n'a pas participé à l'action, il peut valider le but. Malgré le hors-jeu de départ. Mais comment peut-on considérer que le joueur parisien ne participe pas à l'action ? S'il n'avait pas écarté les jambes, le ballon se serait arrêté sur lui. Il aurait alors pu être dégagé ou contrôlé par lui-même... Mais dans ce cas, le hors-jeu aurait été automatiquement sifflé !

Et encore une fois, s'il n'était pas à cet endroit, Enyeama aurait peut-être pu intervenir : "Il n'est pas loin de son bras gauche, a commenté l'ancien gardien et consultant de France 2 Jérôme Alonzo. On peut considérer qu'Enyeama aurait pu tenter d'intervenir sans cette présence." En résumé, un joueur qui ne fait pas action de but mais gêne le gardien est considéré comme faisant partie intégrante de l'action. "Même avec les ralentis, on n'arrive pas à savoir", estime Olivier Sorin, gardien remplaçant de Rennes dans l'Equipe.

4. Les arbitres trop sûrs d'eux ?

L'arbitre M.Buquet était équipé d'un micro pour cette finale. France 2 a diffusé le son qui suit le but. On y entend l'arbitre dire à Vincent Enyeama qui proteste immédiatement : "Non, non, non, il y a but..." 3 secondes à peine se sont écoulés. Il affirme également : "Il (Kurzawa) n'interfère pas (sur l'action". Un jugement définitif et immédiat qui prête pourtant à débat. Il demande à son assistant : "Il touche (le ballon) ?". Celui-ci lui répond que non. Pourtant selon le réglement de la FIFA, pas forcément besoin de toucher le ballon. Si un joueur intervient dans le jeu, influence un adversaire ou tire un avantage de sa position de hors-jeu, il est considéré comme ayant pris une part active au jeu. Et le réglement précise par exemple ce que signifie "influencer un adversaire" :
  • empêcher un adversaire d’être en mesure de jouer le ballon. Par exemple, en entravant clairement la vision du jeu ou les mouvements d’un gardien de but ou être sur la trajectoire d’un tir,
  • faire un geste ou un mouvement qui distrait un adversaire.
Difficile de dire qu'ici on n'est pas dans ce cas de figure. "C'est vrai qu'à vitesse réelle, c'est l'assistant de M.Buquet qui aurait dû l'aider parce qu'il y a trop de monde dans la surface et c'est compliqué à voir pour l'arbitre, analyse Jérôme Alonzo. Il y a 5 arbitres, il faut vraiment qu'ils s'entraident plus." Tony Chapron, arbitre de surface, qui était à quelques mètres de Kurzawa n'a rien signalé.

On a vu Rio Mavuba protester auprès du corps arbitral à la mi-temps, prenant le relais d'Enyeama mais pas de revendications particulières à la fin du match : "Concernant l'arbitrage je ne ferai aucun commentaire, ça fait partie du jeu, même si c'est regrettable qu'il y ait eu cette erreur", a simplement dit Antonetti. Le LOSC, malgré les regrets, mais est resté beau joueur.

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