Rio 2016 – Natation : les cinq secrets de Marc-Antoine Olivier

Marc-Antoine Olivier. / © Page Facebook Marc-Antoine Olivier
Marc-Antoine Olivier. / © Page Facebook Marc-Antoine Olivier

Les Jeux olympiques 2016 arrivent à grand pas. A cette occasion, la rédaction web de France 3 Nord Pas-de-Calais vous présente les sportifs qui défendront les couleurs nordistes à Rio. Aujourd’hui Marc-Antoine Olivier, nageur endurant en eau libre, Denaisien exceptionnellement doué pour son âge.

Par Geoffrey Lopes

Vous en rêvez, Marc-Antoine Olivier le fera. A l’occasion des jeux olympiques de Rio, le Mao de l’eau libre va nager le long de Copacabana. Dans l’Atlantique, au large de la plage de sable fin, il va tenter de confirmer tous les espoirs placés en lui. Vainqueur d’une étape de la coupe du monde à Abu Dhabi en février et champion des États-Unis quelques jours plus tard sur cinq kilomètres, il n’a qu’une ambition : « Je veux être champion olympique ». Il l’affirme naturellement et confirme : « J’ai obtenu de très bon résultats cette saison et j’ai confiance. »

Des capacités hors du commun

Marc-Antoine Olivier a côtoyé très tôt les bassins. Au bord d’abord, pour supporter son frère nageur et accompagner son père engagé dans le club de Denain, avant de sauter dans l’eau. « À ses 7 ans, on s’est aperçu qu’il avait d’énormes capacités », raconte son père Philippe. « Je l’ai alors inscrit à Valenciennes, mais son entraîneur m’accusait de le forcer à nager trop vite et il a refusé de le garder. A ses 15 ans le pôle de Rouen l’a pris en charge et l’entraîneur lui a proposé de nager en eau libre. » Avec succès : Marc-Antoine a remporté le titre de champion d’Europe junior dès sa première année.
Publié par Marc-Antoine Olivier sur dimanche 6 juillet 2014

Un caractère d’acier

Décidé et tenace, seule la victoire n’intéresse Mao. Dans cette optique, rien ne lui fait peur, ni dans l’eau, ni en dehors. A Rio, il risque de faire face à de gros rouleaux. Son père en plaisante : « Vous savez, à ses dix ans il avait disputé les championnats de France de sauvetage en mer à Hossegor. Il devait faire tout un petit parcours par une mer grosse. Non seulement Marc-Antoine l’a emporté, mais lorsqu’il est revenu, ses adversaires pétrifiés par les rouleaux n’étaient pas partis. »

Dans la vie, il se montre accessible et répond avec beaucoup de politesse à toutes les sollicitations. « Il n’est pas du tout timide », confie son père. « Des entrepreneurs l’invitent parfois à leur colloque. Marc-Antoine présente son parcours en toute décontraction devant une importante assistance. »

Braver les obstacles de l’eau libre

Vagues, courants, rochers, poissons… Autant de piège qu’il faut savoir éviter. Marc-Antoine en parle tranquillement, sans aucune anxiété : « C’est vrai qu’une fois je me suis fait piquer par des méduses au visage. Mais il ne m’est jamais rien arrivé d’autre. Il faut savoir poser sa nage, se placer par groupe pour éviter les mouvements d’eau, glisser à gauche si une vague vient de la droite ou plonger dans le rouleau si nécessaire. Il faut surtout nager en fréquence et  amplifier un maximum les mouvements de bras pour repousser la fatigue et en garder sous la pédale en vue du sprint final. Sur dix kilomètres et deux heures de course, c’est primordial. »
Marc-Antoine Olivier au championnat de France en mai 2016
En réalité, le frêle athlète nordiste craint davantage l’eau froide. « En ce moment la température de l’eau à Rio grimpe au-dessus des 20 degrés, mais je m’attends à ce qu’elle descende en dessous des 17. Je n’aime pas trop l’eau froide. Je suis plutôt fin donc il faut donc que j’habitue mon corps à ces conditions de course. Je prends plein de bains d’eau froide depuis plusieurs semaines pour m’adapter mais ça devrait aller ».

Nageur de fond

Dans la région Nord-Pas-de-Calais on connaissait les « mineurs de fond ». Il faudra désormais compter sur un nageur de fond. Marc-Antoine a toutefois choisi de s’exiler dans le sud pour suivre le bien connu Philippe Lucas. « Il est très exigeant et il nous pousse dans nos retranchements. Mais il reste proche des nageurs et  à l’écoute. Il nous porte vers notre objectif. » À l’approche de l’échéance, la pression ne semble pas encore monter : « Mes parents et mon frère m’entourent et sont descendu dans le sud pour m’aider et me faire la cuisine. Pour l’instant, je ne ressens pas de stress. »


Manque de soutien médiatique et de moyens

Le lien entre le nageur et la région semble néanmoins se rompre peu à peu. Philippe Olivier ne cache pas sa déception et s’agaçe : « Je ne comprends pas, j’ai sollicité des politiques du coin, le maire de Valenciennes, le département du Nord et la région, mais personne ne peut aider Marc-Antoine. Francis Luyce, pourtant président de la fédération française de natation, veut que l’on reste dans la région. Mais je vous assure qu’on ne pourra pas résister très longtemps aux ponts d’or proposés par les pôles sudistes. » Philippe Olivier regrette surtout une fracture qui se creuse entre les sports : « L’eau libre, ça n’intéresse pas. On souffre d’une médiatisation famélique. Derrière, pour trouver des sponsors et subvenir aux besoins financiers de Marc-Antoine, ça devient franchement délicat. »

Le nageur reste loin de ces préoccupations et se concentre. Il se tient prêt à nager au milieu de serpents et d’éléphants de mer. « En Nouvelle Calédonie, j’ai même nagé au milieu de tortues. C’était incroyable. Et là, je viens d’apprendre qu’on signalait un requin baleine au large de Copacabana. J’espère qu’on n’aura pas l’occasion de le croiser ! »


Marc-Antoine Olivier en 3 dates

18 juin 1996 : naissance à Denain
2003 : commence la natation à Denain
Depuis janvier 2015 : entraîné par Philippe Lucas à Narbonne
Février 2016 : victoire dans une épreuve de coupe du monde à Abu Dhabi

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