Rio 2016 – Paralympiques : les cinq secrets de Souhad Ghazouani (haltérophilie)

Les Jeux paralympiques 2016 démarrent ce mercredi. A cette occasion, la rédaction web de France 3 vous présente les six sportifs du Nord et du Pas-de-Calais qui défendront les couleurs bleues à Rio. Aujourd’hui Souhad Ghazouani, haltérophile lilloise, épouvantail refermé.

Ghazouani aux Jeux de Londres.
Ghazouani aux Jeux de Londres. © MAXPPP
Découvrir Souhad Ghazouani c'est comme se lancer sur un jeu de piste. Très prise par ses entraînements, l’athlète ne se laisse pas  approcher. Son mari et entraîneur, Mehdi Ouriza, veille sur sa communication et la préserve. Championne paralympique 2012 d’haltérophilie en -67 kilos, la jeune franco tunisienne détient également le record du monde de la catégorie avec le soulèvement d’une barre de 147 kilogrammes. Elle s’aligne cette fois aux jeux en -73 kilos. Véritable phénomène multiple championne du monde, elle fait figure de grande favorite à Rio. « Tout se passe bien pour elle », assure Serge Leroy, président de son club, l’ASPTT Lille métropole omnisport. « Elle a eu du mal à revenir d’une hernie discale et elle en a bavé. Mais elle est prête à reprendre son titre. »

Enfance Difficile

Cloué sur un fauteuil suite à une malformation de naissance, Souhad n’a pas eu la vie facile. Ses parents ont favorisé les deux garçons de sa fratrie de dix enfants. Le handicap de la petite fille demandait pourtant plus d’attention, en vain. « Ses parents l’ont quasiment abandonnée voir même reniée », confie Serge Leroy. Dans la Voix du Nord, l’athlète ne s’en cache pas : « Gamine, je me suis sentie rejetée. Pour que ma maman m’aime, j’ai essayé de devenir un garçon, au moins dans le comportement. Alors, je me suis beaucoup battue avec les garçons, revenant à la maison avec des bleus, des griffes, du sang sur les vêtements. Mais je me défendais plutôt bien: j’en ai cassé des bras ! »

Le sport comme exutoire

Spontanée et déterminée, Souhad ne s’arrête pas à ces « souffrances ». Elle confie même à la Voix du Nord avoir subi des maltraitances. Dans le centre spécialisé de Marc-Sautelet à Villeneuve-d’Ascq, Souhad se confronte à la solitude. Elle découvre que le centre dispose d’un partenariat avec la section haltérophilie de l’ASPTT Lille et se lance dès ses six ans. C’est la révélation : elle soulève une première barre de 30 kilos et impressionne. « Elle est douée pour prendre de la force et elle a su persévérer », se réjouit Serge Leroy. Aujourd’hui, l’haltérophilie constitue sa raison de vivre.

Le para-haltérophilie n’a rien à envier aux valides

Première championne olympique française d’haltérophilie, valides confondus, Souhad pratique un sport paralympique qui nécessite très peu d’adaptation. Les athlètes concourent allongés (sur le dos) sur un banc spécialement adapté. Les assistants officiels de l’athlète placent la barre à hauteur des bras tendus du compétiteur. En deux minutes, l’athlète doit descendre la barre au niveau de la poitrine, la maintenir immobile pendant un court laps de temps avant de la pousser vers le haut jusqu’à extension complète des bras.

Caractère bien trempé

Les obstacles que la vie lui réserve ont fait de Souhad une combattante acharnée. « Je suis ce que je suis : soit tu m’acceptes, soit tu tournes ta face et tu traces ta route », lâche-t-elle à la Voix du Nord. L’effort lui permet de se venger : « J’ai imaginé une façon bien particulière de me préparer. Tous les coups qu’on a pu me donner durant ma tendre enfance, toutes ces misères endurées, je les concentre le jour J. Quand je soulève la barre, les premiers centimètres de poussée sont pour ceux que j’aime. La fin de mon geste est réservée à ceux qui m’ont fait du mal. Je les écrase au plafond. »

Grande implication pour l’ASPTT Lille

Belle sœur de Yohann Démont, ancien joueur et désormais éducateur des jeunes du RC Lens, Souhad prend soin de donner à son club. « Elle s’implique beaucoup », confirme Serge Leroy. « Elle fait du secrétariat au club et elle n’hésite pas à aller vers les jeunes enfants qui nous rendent visite. Elle reste plutôt introvertie, mais elle est très bien perçue et intégrée par les valides. » Fière de représenter la France et émue au moment de la marseillaise après son titre à Londres en 2012, Souhad ne manquera pas de remercier son club en cas de récidive à Rio.



Dates clés
7 août 1982 : naissance à Saint-Saulve (59)
2004 : vice championne paralympique d’haltérophilie -73 kilos
2010 : championne du monde
2012 : championne paralympique
2013 : championne d’Europe
2015 : championne du monde
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