Rio 2016 – voile : les cinq secrets de Jonathan Lobert

Jonathan Lobert, lors des jeux de Londres en 2012. / © WILLIAM WEST / AFP
Jonathan Lobert, lors des jeux de Londres en 2012. / © WILLIAM WEST / AFP

Les Jeux olympiques 2016 arrivent à grand pas. À cette occasion, la rédaction web de France 3 Nord vous présente les sportifs qui défendront les couleurs nordistes à Rio. Aujourd’hui Jonathan Lobert, marin nordiste de cœur, grand gaillard décoré de la légion d’honneur.

Par Geoffrey Lopes

«Baisser les bras dans une compétition sous prétexte qu’on ne peut terminer premier est incompatible avec l’esprit du sport !» Cet avertissement de la légende de la navigation Eric Tabarly s’affiche sur son site. Et donne le ton. Le barreur Jonathan Lobert ne se laissera pas faire à Rio. Fort de sa médaille d’argent aux championnats du monde de finn l’an dernier,

Le marin du pôle de La Rochelle veut remonter sur le podium. «Je ne vais rien lâcher. Je pense qu’une dizaine de concurrents prétendent à une médaille. Je me satisfais du travail avec mon bateau et je me sens bien physiquement. Je vais essayé de me reposer avant les jeux pour gagner en fraîcheur.»

« La voile, un sentiment de liberté »

Né à Metz, rien ne prédestine Jonathan Lobert à la voile. Dès ses 7 ans pourtant, il se passionne pour la navigation et persévère malgré les déménagements successifs de ses parents.

Le Rochelais parvient à concilier études et entraînements. Il participe à ses premiers championnats du monde à 14 ans avec le club de voile de Calais et obtient quelques années plus tard un master en génie civil. «Mes parents restent mes premiers supporteurs et ont eu un rôle essentiel dans ma carrière sportive. Ils tenaient avant tout à ce que je termine mes études et ils avaient raison», confie Jonathan dans Sud Ouest.

«La voile procure un sentiment de liberté extraordinaire. J’évolue dans un environnement en perpétuel mouvement, différent à chaque sortie, qui correspond tout à fait à mon tempérament.»
Le podium olympique de 2012. / © MaxPPP
Le podium olympique de 2012. / © MaxPPP

Les exigences du Finn

En voile, les skippers concourent avec leur propre dériveur. Pour gagner en performance, les barreurs cherchent à adapter leur bateau à leur navigation. «La tolérance  de la jauge reste faible, mais on peut adapter la raideur du mas ou la coupe de la voile», explique Jonathan.

Le finn, dirigé par le marin, est un monocoque sportif qui se barre en solitaire et qui demande beaucoup d’exigence physique. «On fait tous une bonne centaine de kilos pour avoir une bonne prise sur le bateau. Je gère la barre et le réglage des voiles en fonction de la force et de la direction du vent. Le bateau, fait de matériaux composites, est léger, maniable et rapide.»

Le stresse me fait sourire

La course olympique ne laisse pas les concurrents respirer une seconde : «Sur une semaine, on fait dix courses d’une heure avec un parcours en forme de banane. On remonte face au vent avant de redescendre avec le vent dans le dos. Le premier de la course gagne un point. A la fin de l’épreuve, on fait la somme des points et celui qui en a le moins l’emporte. Pour naviguer sur une semaine, il faut s’adapter à toutes les conditions et être à la fois fin et costaud. Normalement on trouve du vent partout sur le plan d’eau. Mais lorsqu’il tombe, ça devient difficile de faire une manche correcte.»

La finale des Jeux de Londres

Tranquille et réfléchi sur terre, Jonathan devient un vrai compétiteur sur l’eau. «Je suis prêt à mettre tout en place pour relever les chalenges que je me fixe. Je suis un peu tendu comme tout le monde, mais je crois qu’il ne faut pas lutter contre le stresse. Il faut l’apprivoiser. Le stress me fait sourire et me donne envie de me dépasser. J’essaie de m’en nourrir. Quoi qu’il arrive personne ne peut m’aider sur l’eau, je reste livré à moi-même.»

Le Nord, sa maison

Originaire de Valenciennes, Jonathan ne cache pas son affection pour le département. «Je connais bien le Nord. Mes grands-parents sont des quatre coins du département, Malo les Bains et Valenciennes. J’ai fait mon lycée et mon IUT à Lille et j’ai fait mes premières compétitions internationales avec le club de Calais. C’est ma région de cœur.»

Le skipper ne manque pas d’emmener sa petite fille de 18 mois lorsque son calendrier le lui permet. «J’y ai toute ma famille, on se retrouve au moins pour passer les fêtes. La région me plaît beaucoup, je m’y sens chez moi. J’aime le côté chaleureux des gens. Qui plus est, on dispose de beaucoup de clubs de voile très dynamiques dans la région, le Touquet ou Boulogne-sur-Mer par exemple.»

Les derniers conseils d’une légende de son sport

Aux JO de Londres, Jonathan Lobert partage un moment étonnant avec le quadruple médaillé d’or de sa discipline. «J’ai la chance de concourir contre le Britannique Ben Ainslie, une légende de mon sport. La première fois que je l’avais vu remporter une médaille j’avais 11 ans. Le matin de la medal race à Londres (NDLR, dernière course de la compétition), il me conseille de me concentrer sur ma course. Dans un clin d’œil, il m’affirme qu’il n’y a pas de raison et que ça devrait passer. Plongé dans sa course pour arracher l’or qu’il ne détenait pas encore, il arrive quand même à extérioriser et adresser quelques encouragements pour ses adversaires. Je trouve ça fabuleux, j’ai vu en lui la trempe des grands champions. Plus tard sur le podium, lui champion olympique et moi troisième, on a échangé des sourires, c’était drôle et émouvant.» À Rio, il ne reste plus qu’à Jonathan d’inverser l’ordre du podium.



Les dates-clés

30 avril 1985 : naissance à Metz
2012 : médaillé de bronze de Finn aux JO de Londres
2013 : fait chevalier de l’ordre national du mérite par François Hollande
2015 : vice champion du monde de Finn

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