C'est le combat de 130 salariés et d'élus politiques contre une multinationale. Depuis le 15 décembre 2015, les salariés de l'usine Pentair, à Ham dans la Somme, ont résisté face à la menace d'un plan social jusqu'au rachat du site par Altifort.

Pourquoi Pentair a voulu fermer cette usine rentable ? Comment les salariés et les élus politiques ont-ils poussé la multinationale à revoir ses plans ? Pourquoi la recherche d'un repreneur a-t-elle duré près d'un an et qui est exactement Altifort ?

France 3 Picardie a plongé au coeur de cette affaire pour l'éclaircir, découvrez les interviews exclusives des salariés et des élus Xavier Bertrand et Stéphane Demilly. Une enquête signée Mickaël Guihot, Julien Guéry, Maxime Milluy, Thibault Ledez et Mathieu Maillet.

L'incroyable décision

Le 15 décembre 2015, la veille des fêtes, le groupe Pentair annonce la fermeture de son usine picarde à Ham (80). Plus de 130 postes supprimés ! La sentence tombe lors d'un comité d'entreprise, en présence de Gérard Gressier, délégué Force Ouvrière.

Leader mondial de la robinetterie industrielle, la firme américaine, qui voit son chiffre d'affaires baisser depuis la crise, compte supprimer 2 000 emplois dans divers pays et arrêter la production de certains produits. Ainsi, la baisse d'activité de son site à Ham en justifie la fermeture. L'usine picarde était la plus rentable du groupe en Europe.

© France 3 Picardie

 

La mobilisation générale

Dès le lendemain matin de l'annonce de la fermeture, les salariés étaient en grève, rejoints par un millier de manifestants. Revendiquant leur identité SAPAG, nom historique de l'usine, ils font pression sur Pentair en alertant les élus politiques : Xavier Bertrand à peine élu président de la région et Stéphane Demilly, député de la Somme. Tous deux ont été reçus au siège suisse de Pentair pour discuter de la situation épineuse.

© France 3 Picardie

 

La longue incertitude

Le 18 janvier 2016, le groupe Pentair accepte de chercher un repreneur pour vendre le site plutôt que de faire cesser l'activité. Plusieurs mois d'attente et d'incertitude seront nécessaires.
Dans les coulisses du rachat de la société Pentair à Ham par Altifort : épisode 1

Avec Bart Gruyaert Co-fondateur d'Altifort repreneur du site ; Gérard Gressier Délégué du personnel (FO) au Comité France du groupe Pentair ; Bertrand Vermander Représentant des cadres et ingénieurs ; Nicolas Delhaye Membre (FO) du CHSCT ; Xavier Bertrand Président (LR) de la région Hauts-de-France ; Stéphane Demilly Député-maire (UDI) d'Albert ; Kévin Belmain Président de l'association «Ensemble et solidaires SAPAG» ; Jocelyne Habitante de Ham depuis 65 ans  -  France 3 Picardie  -  Mickael Guiho, Julien Guery, Maxime Milluy, Mathieu Maillet, Thibault Ledez.

 

Enfin un repreneur ?

Des discussions entamées avec le groupe Talis n'aboutiront jamais mais le 3 août, Pentair annonce avoir reçu 2 offres fermes :
  • Les cadres pour une reprise interne
  • Altifort pour un rachat
Après des négociations quasi exclusives le 11 août, c'est le groupe Altifort qui est choisis, dont les deux patrons rencontrent le personnel de l'usine début septembre pour leur exposer leurs ambitions. La vente sera effective le 31 décembre 2016.
Dans les coulisses du rachat de la société Pentair à Ham par Altifort : épisode 2

Avec Bart Gruyaert Co-fondateur d'Altifort repreneur du site ; Morgan Magasinier cariste ; Bertrand Vermander Représentant des cadres et ingénieurs ; Kévin Belmain Président de l'association «Ensemble et solidaires SAPAG» ; Stéphane Demilly Député-maire (UDI) d'Albert ; Xavier Bertrand Président (LR) de la région Hauts-de-France ; Kévin Belmain Président de l'association «Ensemble et solidaires SAPAG» ; Bertrand Vermander Représentant des cadres et ingénieurs  -  France 3 Picardie  -  Mickaël Guiho, julien Guery, Maxime Milluy, Mathieu Maillet et Thibault Ledez.

 

Un nouveau départ

Au terme d'une année de lutte, de pressions et d'incertitude, une centaine de salariés sont "sauvés". S'il ne s'agissait pas du plus grand plan social dont aient été menacés des salariés français, les péripéties récentes vécues par les "SAPAG" illustrent l'absurdité que peut générer l'économie mondiale financiarisée autant que la capacité pour des hommes et des femmes de résister.

En agissant très vite, dès les premiers jours, le personnel, les élus et la population ont réactualisé le mythe du village gaulois qui résiste…


Un grand format de Mickaël Guihot, Julien Guéry, Maxime Milluy, Thibault Ledez et Mathieu Maillet.