Xavier Bertrand a fait vérifier l'absence de micros-espions dans les bureaux du Conseil régional

Des micros-espions dans les bureaux du Conseil Régional Hauts-de-France ? / © MAXPPP / MONTAGE FRANCE 3
Des micros-espions dans les bureaux du Conseil Régional Hauts-de-France ? / © MAXPPP / MONTAGE FRANCE 3

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Par EM

Peu après son élection à la tête du Conseil Régional Hauts-de-France (ex Nord Pas-de-Calais Picardie), Xavier Bertrand, nouveau Président et sa nouvelle majorité ont mandaté une entreprise chargée de vérifier l'absence de micros-espions dans les bureaux. Surprenant ? Pas du tout, selon l'entourage de Xavier Bertrand qui nous a confirmé cette information mais s'attache à la banaliser : "Il nous a été recommandé de le faire. Des gens dont la sécurité est le métier nous ont dit que cela se faisait en cas d'alternance, ou dans des grandes entreprises ou institutions. Le but est simplement de sécuriser les bureaux du cabinet du Président, de certains élus, s'assurer qu'il n'y a aucun problème. Cela n'a rien d'exceptionnel."

"Oui, ça se fait dans les institutions où il y a une changement d'équipe, nous a confirmé le responsable d'une entreprise de sécurité qui réalise ce type d'interventions. On appelle ça un "dépoussièrage" ou "audit de sécurité". il peut y a voir des soupçons vis-à-vis de l'ancienne équipe ou de quelqu'un en interne, très lié à l'ancienne équipe mais qui est resté. Des entreprises font également appel à nous pour "nettoyer leurs locaux". Concrètement, l'entreprise vérifie l'absence de micros (on en trouve à 10 euros sur des sites chinois - tous illégaux en France) sous les tables, dans les lampes ou les plafonds mais pas seulement. Les accès wifi, les serrures, les badges sont également souvent changés pour que les bureaux soient totalement "nettoyés". "C'est assez rare qu'on trouve des choses", reconnaît l'entreprise.

"Percheron n'est pas James Bond !"

Daniel Percheron, ancien président du Conseil régional Nord Pas-de-Calais, n'est, lui, pas du tout étonné de cette démarche initiée par son successeur : "Je pense que M.Bertrand a pris une précaution élémentaire. C'est une nouvelle région, forte de 6 millions d'habitants. Sa campagne a été nationale. L'impact de son élection a été nationale. La couverture médiatique a été nationale. Je comprends qu'il veuille s'assurer d'une certaine discrétion." 

Xavier Bertrand s'est-il méfié de micros laissés par l'ancienne majorité ? Cette question fait beaucoup rire Daniel Percheron : "Percheron n'est pas James Bond ! (rires). Franchement votre question me surprend. Il ne vient pas à l'idée que M.Bertrand ait pu se méfier de ses prédécesseurs. Mais qu'il ait été à attentif à ne pas être écouté, je le comprends. Moi, à mon époque, je ne risquais rien. Personne ne s'intéressait à ce que je disais dans mon bureau !". "Oui, en cas d'alternance, ça se fait, nous précise encore le Conseil régional. Faire ce type d'intervention, c'est ne pas forcément soupçonner l'ancienne majorité. Ça n'a rien d'exceptionnel..." Sauf qu'on ne communique jamais sur ce genre de démarche, discrétion oblige.

Le Conseil départemental du Nord qui a également connu récemment une alternance gauche-droite nous a indiqué ne pas avoir réalisé cet audit de sécurité. Au Conseil régional, on assure en tout cas que rien de suspect n'a été trouvé. Coût de l'opération : environ 5000 euros. 

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