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Des tomates oui, mais des tomates anciennes

A Maurin, près de Montpellier, Eric Pedebas est collectionneur de tomates. Il cultive depuis près de 10 ans des variétés de tomates anciennes souvent oubliées.

  • Par Laurence Creusot
  • Publié le 07/08/2014 | 10:28, mis à jour le 07/08/2014 | 11:58
Les tomates anciennes de Maurin © France 3 LR
© France 3 LR Les tomates anciennes de Maurin

Sur le marché de Maurin, Eric Pedebas étonne. Son étal présente des variétés de tomates anciennes souvent méconnues. Rouges, oranges, jaunes et vertes. Elles viennent de Russie ou du coin de la rue.
Il s'est lancé dans la culture de légumes rares, il y a maintenant près de 10 ans et il est considéré comme un véritable collectionneur.

Il doit cependant convaincre les consommateurs habitués aux produits calibrés et uniformes, de la saveur de ces tomates rares à l'aspect plus rustique.

Maurin (34) Eric collectionneur de tomates anciennes
Isabelle Bris /Juliette Mörch

 

Les grandes surfaces aussi grâce au réseau de producteurs 3couleurs

Abricots, fraises ou tomates, les variétés sont choisies pour leur goût et doivent être cultivées en pleine terre jusqu'à maturité. L'exigence du réseau 3Couleurs garantit en échange aux producteurs un accès protégé en grande distribution.

"On veut défendre des produits dont les qualités gustatives justifient qu'on paye plus cher. Et on veut que la grande distribution joue le jeu, en leur garantissant une place, et donc une chance", explique Renan Even, initiateur du réseau de producteurs. Aujourd'hui, 3Couleurs coordonne déjà plus de 110 producteurs de fruits et légumes - des asperges aux citrons de Menton - et mise sur un potentiel de 3.000 adhérents aux pratiques conformes à son cahier des charges.
Pour ce passionné d'agronomie qui connaît bien les rayons fruits et légumes des grandes surfaces qu'il a pilotés pendant 15 ans, il est temps - et c'est encore possible, jure-t-il - de redonner aux producteurs un peu de fierté en expliquant au client "pourquoi c'est plus cher".
"L'objectif n'est pas de vendre 10 fois plus cher mais de faire comprendre le travail derrière le prix", souligne-t-il.

La démarche est signalée par une médaille holographique, infalsifiable, qui garantit que les tomates ou les mirabelles appartiennent aux meilleures variétés et sont cueillies au meilleur moment, quand elles sont mûres.
Ce qui nécessite jusqu'à huit passages dans le verger contre un ou deux quand on récolte tout en même temps, souligne Renan Even.

"La médaille 3Couleurs nous aide à mettre en avant la différence", explique un producteur.
Il précise craindre "plus la concurrence de la fraise française de mauvaise qualité que celle d'Espagne: avec celle-là les gens savent ce qu'ils achètent. L'autre me porte préjudice".
Et ça marche même en peine crise de la nectarine concurrencée par sa voisine espagnole.
"Depuis mars, on a écoulé 10.000 tonnes, tout confondu" compte-t-il avec des prix en moyenne 10% plus élevés. Parfois davantage.

Plusieurs enseignes le suivent: les Monoprix, trois plateformes Leclerc (Ile-de-France, l'Ouest et en Charentes/Deux-Sèvres), ainsi qu'une trentaine de magasins Auchan.
Surtout, la CLCV, l'association de consommateurs, qui vient de conduire une enquête sur l'absence de goût des fraises et des tomates en grandes surfaces, souhaite associer le réseau à ses dégustations, en commençant cet automne avec pommes et poires.

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