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Meurtre d'une joggeuse : un marginal au parcours chaotique jugé en appel à Nîmes

Anthony Draoui, un marginal au parcours chaotique, comparaît à partir de ce lundi devant la cour d'assises d'appel du Gard à Nîmes pour le meurtre en 2011 en Ardèche d'une joggeuse de 17 ans, dont le corps avait été retrouvé démembré et calciné.

  • Z. S. avec AFP
  • Publié le 01/02/2016 | 08:06, mis à jour le 01/02/2016 | 08:06
Anthony Draoui - dessin C. Busti © France 3 RA

© France 3 RA Anthony Draoui - dessin C. Busti


Le 3 octobre 2014, Anthony Draoui, aujourd'hui âgé de 23 ans, avait été condamné par la cour d'assises de l'Ardèche, à Privas, à 30 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers pour le meurtre de Marie-Jeanne Meyer.

Confondu par son ADN


Présentée par ses professeurs comme une "élève modèle" qui allait passer son bac de français, celle-ci avait croisé la route d'Anthony Draoui sur les hauteurs de Tournon, en Ardèche, le 18 juin 2011.
Le cadavre de la jeune fille avait été retrouvé trois jours plus tard, partiellement démembré et carbonisé, dans une fosse de 2m50 sur 3 remplie de 7 m3 de pierres et recouverte de branchages, à proximité du campement de fortune du marginal.
Interpellé quelques jours plus tard pour l'agression d'une femme dans un salon de coiffure, Anthony Draoui, laissé en liberté provisoire, avait fui à Barcelone où il vivait dans la rue. En 2012, il était interpellé dans un train alors qu'il rentrait en France sous une fausse identité. Confondu par son ADN, il avouait le meurtre de l'adolescente.

Elle aurait refusé ses avances


Au cours de son premier procès, le jeune homme avait livré un témoignage empreint de contradictions et sans émotion, ne reconnaissant que partiellement les faits.
D'un ton monocorde, il avait assuré avoir poignardé Marie-Jeanne car elle avait refusé ses avances, après l'avoir suivi volontairement jusqu'à son campement de fortune. La famille soutient que la jeune fille a été contrainte de le suivre et que la fosse avait été préalablement creusée pour commettre l'irréparable.

"Une personnalité "borderline""


Anthony Draoui avait fait appel de sa condamnation, estimant par la voix de son avocat n'avoir "pas été totalement entendu, notamment sur son parcours", marqué par une relation destructrice et violente avec une mère alcoolique et toxicomane.
Au gré des séjours maternels en hôpital psychiatrique, il séjournait dans divers foyers et familles d'accueil avant de se retrouver à la rue, devenant lui-même alcoolique et consommateur de drogues.
Décrit par les psychiatres comme un être solitaire et impulsif, doté d'une personnalité "borderline", l'ex-SDF avait souhaité que l'affaire soit "rejugée dans des conditions plus sereines".

"Cet appel est un enfer"


De son côté, la famille de la jeune victime s'apprête à affronter l'épreuve que constitue cet appel avec "un sentiment de tristesse" car elle avait trouvé la première condamnation juste, a expliqué son avocat Me David Metaxas.
Le drame a "explosé" la jeunesse du frère de Marie-Jeanne, âgé de 20 ans, et de sa soeur de 16 ans tandis que le couple formé par Jean-Philippe et Sonia Meyer a "volé en éclats", poursuit Me Metaxas. "Cet appel est un enfer mais ils vont aussi le vivre comme la dernière occasion d'être confrontés au monstre et de lui poser des questions".
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