La préfecture des Yvelines ferme la salle de prières de Sartrouville pour des “prêches radicaux”

Salle de prières des Indes à Sartrouville / © F3
Salle de prières des Indes à Sartrouville / © F3

Le préfet des Yvelines a fait fermer la salle de prières de Sartrouville dans les Yvelines. L'arrêté préfectoral indique que ce lieu "constitue un lieu de référence influent de la mouvance salafiste".

Par Christian Meyze/AFP

Le préfet des Yvelines a signé un arrêté décidant la fermeture de la mosquée de Sartrouville dans les Yvelines, qui est plus précisement la salle de prières des Indes, "jusqu'à la fin de l'état d'urgence" (qui doit intervenir le 31 octobre - NDLR). La mosquée de Sartrouville située en centre-ville n'est pas concernée par cet arrêté.

Les termes de l'arrêté qualifiant et justifiant la fermeture sont sans équivoque et très sévères :  " la mosquée salle des Indes constitue un lieu de référence influent de la mouvance salafiste, représentant, par les propos qui y sont tenus, par sa fréquentation et par son influence au sein de la communauté musulmane locale, une menace grave pour la sécurité et l'ordre publics".

Un soutien aux grandes figures du jihadisme

L'ensemble de l'arrêté est de même teneur. Les griefs qui y sont faits à l'égard de la mosquée sont nombreux et graves. La mosquée, dit le texte, est un "foyer ancien de l'islam radical au sein duquel s'est développé un soutien pérenne aux grandes figures du jihadisme comme Oussama Ben Laden." La préfecture ajoute que "certains fidèles y ont été signalés en 2013 en partance vers la Syrie et que d'autres, y exerçant un prosélytisme exacerbé, ont été mis en examen et incarcérés pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes terroristes".

"Actuellement", poursuit encore l'arrêté, "la salle de prière demeure le théâtre d'un prosélytisme intense" par "la diffusion par son imam ou par des imams extérieurs, de prêches radicaux, marquant" notamment "leur hostilité aux principes républicains".

Le préfet pointe des "ouvrages mis à disposition des fidèles" et l'organisation de "sports de combat intitulés guerre saine des jeunes musulmans".


Djamel Beghal et Forsane Alizza

Toujours selon la préfecture, le président de l'association gérant la salle de prière compte "parmi ses relations, des figures emblématiques de l'islam radical, dont le terroriste islamiste Djamel Beghal ou certains membres du groupement dissous Forsane Alizza", groupuscule islamiste dissous en 2012 par le gouvernement.

Le président de l'association cultuelle des musulmans de Sartrouville, Saïd Djelleb, ainsi mis en cause, affirme de son côté : "On est tombé des nues", et dément catégoriquement ces accusations en assurant ne connaître "ni Beghal ni quiconque au sein de Forsane Alizza".

Si les arguments préfectoraux sont fondés
, ajoute Saïd Djelleb, et que "pendant toutes ces années, l'Etat n'a rien fait, c'est qu'il y a un raté quelque part !"

Néanmoins, il ajoute que la mosquée va rester fermée car, dit-il : "Nous appliquons la loi française et non la charia (loi islamique), qui n'existe pas pour nous en France."




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