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Elections municipales à Toulouse : Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc au coude à coude dans notre sondage

Un sondage IPSOS pour France 3 Midi-Pyrénées, France-Bleu Toulouse et La Dépêche du Midi place Pierre Cohen vainqueur de Jean-Luc Moudenc au second tour, mais l'écart se resserre (51 % contre 49%). Le Front national (6%), devancé par les écologistes (7%), ne pourrait pas se maintenir au second tour.

  • Par Fabrice Valery
  • Publié le , mis à jour le
© AFP / Pascal Pavani

© AFP / Pascal Pavani

A un mois du scrutin (23 et 30 mars), rien n'est joué ! Pierre Cohen (PS) reste le favori des élections municipales à Toulouse mais l'écart se resserre considérablement avec son rival UMP Jean-Luc Moudenc. C'est le résultat d'un nouveau sondage IPSOS-Steria pour France 3 Midi-Pyrénées, France-Bleu Toulouse et La Dépêche du Midi, publié ce mardi. 

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Un duel plus serré que prévu​

Ce sondage, le premier à mesurer les 10 candidats aux élections municipales à Toulouse, est aussi le premier à montrer si peu d'écart entre les deux favoris. Si le vote avait lieu aujourd'hui, Pierre Cohen l'emporterait au second tour sur le score très serré de 51 % contre 49 % à Jean-Luc Moudenc qui n'est pas sans rappeler le résultat des élections municipales de 2008 où Toulouse avait basculé à gauche (50,42 % pour Pierre Cohen avec 1209 voix d'écart).

Jean-Luc Moudenc © Eric Cabanis / AFP

© Eric Cabanis / AFP Jean-Luc Moudenc

Au premier tour, les deux "gros" candidats... et les autres !

Selon ce sondage (réalisé par téléphone entre le 21 et le 22 février 2014 sur un échantillon de 602 personnes âgées de 18 ans et plus, inscrites sur les listes électorales à Toulouse, constitué selon la méthode des quotas), le vote au premier tour est "écrasé" par les deux principales listes celle de Jean-Luc Moudenc (37 % des intentions de vote) et celle de Pierre Cohen (36 %). Dans une logique qui s'apparente à du vote utile, ils "trustent" à eux deux plus des deux tiers des intentions de vote, les 8 autres candidats devant se "partager" les 27 % restants. Selon ce scénario, gauche et extrême-gauche totalisent 52 % des voix au premier tour. 


Le Front national absent du second tour

Le score crédité au Front national (6%) place la liste de Serge Laroze sous la barre des 10 %, ce qui lui permettrait de se maintenir au second tour. Le FN serait même dépassé par la liste écologiste d'Antoine Maurice (7 %). Durant la campagne, Jean-Luc Moudenc a pourtant accusé la gauche de "faire le jeu" du FN pour profiter d'une triangulaire. "Il y a deux moyens de voter Cohen, avait même dit le candidat UMP : prendre le bulletin avec le poing et la rose ou prendre le bulletin avec Laroze !". Argument réfuté par Pierre Cohen, qui s'était dit favorable à un duel avec son adversaire UMP au second tour, sans que le jeu électoral ne soit faussé par une triangulaire. Selon notre sondage, l'option d'un jeu à trois au second tour semble s'éloigner. Sans doute, une partie des électeurs du FN est-elle séduite par le durcissement du discours et par les projets de Jean-Luc Moudenc en matière de sécurité (renforcement et réarmement de la police municipale, développement de la video-surveillance, etc). 

Peu de réserve à droite et un mauvais report à gauche

En tête au premier tour dans les intentions de vote de ce sondage, Jean-Luc Moudenc semble pourtant avoir "fait le plein" et disposer de peu de réserve de voix à droite. Mais en raison de l'éparpillement des voix de gauche au premier tour, Pierre Cohen ne parvient pas à creuser l'écart, la faute à un mauvais report de voix. Ainsi plus de 20 % des électeurs d'Antoine Maurice, placé en 3ème position au premier tour, ne se reportent pas sur Pierre Cohen au second : selon IPSOS,  7 % choisissent de s'abstenir et 14 % iraient même voter pour... Jean-Luc Moudenc !

Au second tour selon Ipsos :

Un électorat de droite plus "motivé"

D'après ce sondage, près de 3 électeurs sur 4 (72 %) sont sûrs de leur choix, à un mois du scrutin. Ce taux grimpe même à 87 % pour les électeurs de Jean-Luc Moudenc alors qu'il n'est que de 66 % pour ceux de Pierre Cohen. 
Même chose du côté de la mobilisation : 71% des proches de l'UMP manifestent leur intention d'aller voter contre 63% des sympathisants socialistes. Selon IPSOS, il y a une plus forte motivation à droite, un esprit "revanchard" dans l'électorat de 2008 de Jean-Luc Moudenc. Des tendances que l'on retrouve aussi au sujet du bilan de Pierre Cohen

Un électeur sur deux abstentionniste

Selon IPSOS, un électeur sur deux pourrait ne pas se déplacer aux urnes les week-end des 23 et 30 mars prochains. La participation pourrait, selon les personnes sondées, se situer entre 49 et 53 %. Et comme on l'a vu plus haut, les électeurs de droite seraient plus enclins à aller voter que ceux de gauche. 

Le bilan de Pierre Cohen jugé plutôt satisfaisant mais...

Même si les scores sont serrés entre les deux grands candidats, à la question "Etes-vous très satisfait, plutôt satisfait, plutôt mécontent ou très mécontent du travail accompli par le maire de Toulouse, Pierre Cohen ?", les personnes interrogées répondent à 61 % satisfaits ou plutôt satisfaits contre 35 % qui répondent l'inverse (4% ne se prononcent pas). 

Un score qui paraît assez large, mais selon IPSOS, qui est en-dessous des scores habituels pour les maires sortants de grandes villes

Rien n'est joué, comme en 2008 !

A moins de 30 jours de l'élection, ce sondage relance la campagne. Rien ne paraît joué à l'avance, contrairement à ce que semblaient indiquer les sondages précédents (voir encadré ci-dessous). Les deux principaux candidats ont moins d'un mois pour mobiliser ou remobiliser leur électorat : celui de la gauche est plus large, mais celui de la droite semble plus solide !

Un sondage plus serré que les quatre précédents

Ce nouveau sondage qui place Pierre Cohen en favori mais talonné par son adversaire UMP est différent des quatre précédents. C'est le premier qui mesure l'ensemble des 10 candidats. Mais c'est aussi celui qui dit que rien n'est encore joué.
 ll y a un an, en février 2013, le premier sondage (Harris Interactive pour Objectif News) donnait un écart très conséquent au second tour entre Pierre Cohen (57 %) et Jean-Luc Moudenc (43%). Écart qui s'est resserré en mai 2013 avec le sondage BVA pour La Dépêche du Midi (52 % pour Pierre Cohen au second tour). 
La campagne a ensuite été lancée et à l'automme 2013, le troisième sondage (IFOP-Fiducial pour Sud Radio et le JDD) maintient un écart conséquent entre les deux principaux candidats au second tour (Cohen 54 %, Moudenc 46 %). Ce sondage est le seul qui ait placé le Front National à 10 %. 
Enfin en janvier 2014, à deux mois du scrutin, l'écart entre les deux hommes se creuse encore avec un score de 56 % pour Pierre Cohen dans un sondage BVA pour Le Parisien et France Inter. 

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