A Toulouse, la candidate transgenre bouscule la parité en milieu de liste Europe Ecologie Les Verts

Parité oblige, les Verts toulousains vont devoir réorganiser le milieu de leur liste où pour l'heure trois femmes se succèdent en lieu et place d'une alternance homme/femme. En cause : la durée des procédures de changement d'état civil pour les transgenres.

  • Vincent Albinet
  • Publié le , mis à jour le
Florence Bertocchio, en 31 ième position sur la liste "Toulouse Vert Demain" © Kevin Figuier/Carré d'Info

© Kevin Figuier/Carré d'Info Florence Bertocchio, en 31 ième position sur la liste "Toulouse Vert Demain"

Ça ne devrait pas faire trop de grabuge. Car il s'agit de positions considérées comme non éligibles sur la liste Europe Ecologie Les Verts pour les prochaines municipales à Toulouse. Mais, parité oblige, les listes électorales doivent alterner un candidat et une candidate. Pour être dans les clous, il va donc falloir sortir une femme et faire entrer un homme en milieu de liste. Pour la bonne cause. Celle de la diversité.

Car les 30ème, 31ème et 32 èmes positions sont en effet occupées par trois femmes, dont la candidate transgenre et ingénieure Florence Bertocchio, entre l'enseignante chercheuse Hélène Carrère et l'attachée parlementaire Fanny Thibert. "On essaiera de faire le moins de modifications possibles" promet le porte-parole des Verts Régis Godec. "Ça ne changera pas grand chose question éligibilité. Florence prendra la place d'une femme. C'est un très beau symbole pour notre liste après 10 ans de combat".

De son côté, Florence Bertocchio, également porte-parole nationale de LGTB (Lesbiennes, Gays, Bi et Trans), explique que "pour beaucoup de choses notre existence n'est tout simplement pas prévue". Selon elle, les transgenres sont des citoyen(ne)s "au rabais". "Les procédures de changement d'état civil sont inutilement longues et perturbent le fonctionnement de la société", développe-t-elle.

Dans son cas, elle a formulé sa première demande de changement d'état civil en 2009. Mais elle n'a pu entamer une procédure judiciaire qu'en février 2012. Pour un jugement reconnaissant son changement de sexe en décembre 2012. Mais pour une transcription à l'état civil qui n'a pas pris moins de 6 mois, soit en juillet 2013. Un exemple de discrimination parmi d'autres que vient de dénoncer Amnesty International qui met en évidence les violations des droits humains occasionnées par les procédures pour obtenir un changement d'état civil dans sept pays d'Europe dont la France.
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