L'ex-"Jungle" de Calais bientôt transformée en "site naturel d'exception" ?

Le Conservatoire du Littoral a proposé à la ville de Calais de lui rétrocéder le site Jules-Ferry, qui a servi à l'accueil de jour des migrants de l'ex-"Jungle" et à l'hébergement des femmes et des enfants. Le projet est de transformer l'ancien bidonville en "site naturel d'exception". 

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Vue aérienne dans l'ancienne "Jungle" de Calais après son démantèlement. © PHILIPPE HUGUEN / AFP

© PHILIPPE HUGUEN / AFP Vue aérienne dans l'ancienne "Jungle" de Calais après son démantèlement.

"On a eu un réunion il y a environ trois semaines avec le Conservatoire et les services de l'Etat", nous a indiqué par téléphone la maire (Les Républicains) de Calais, Natacha Bouchart, confirmant les informations de La Voix du Nord. "On a discuté sur un projet global : Centre Jules Ferry - zone nord - zone sud. A partir de là, on a échaffaudé quelques trames d'un projet qui pourrait se présenter comme "le site des Deux-Mers" et dans lequel il pourrait y avoir plusieurs aménagements". Selon l'élue, il ne s'agit pour le moment que d'une "phase d'échanges", mais elle aimerait proposer un projet complet, dès le 12 janvier prochain, en conseil municipal. "Il ne faut pas que le projet soit simplement réduit au périmètre de Jules-Ferry. Il faut aussi que la zone nord y soit associée. Mais la zone sud aussi puisqu'elle est aujourd'hui en ZNIEFF (Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) et que nous avons demandé un déclassement pour pouvoir y faire de l'activité légère."

"Retrouver des mares, des zones humides, des dunes"

Le site de l'ancienne "Jungle" de Calais - où plusieurs milliers migrants ont vécu dans des conditions insalubres - se divise en trois secteurs : la "zone sud", propriété de la ville, démantelée en mars 2016, la "zone nord", propriété du Conservatoire du Littoral, évacuée en octobre dernier, et Jules-Ferry, un ancien centre de loisirs aménagé pour l'accueil de jour et l'hébergement des femmes et des enfants, propriété de la ville et vidé lui aussi il y a deux mois. Le Conservatoire souhaite que la municipalité de Calais lui rétrocède ce dernier site pour démolir les bâtiments et les remplacer par des pâtures humides. "Nous souhaitons retrouver des mares, des zones humides, des dunes remodelées propices à des espèces extraordinaires comme les orchidées, les bécassines ou les hirondelles de rivage", a expliqué à La Voix du Nord Loïc Obled, le délégué Manche-Mer du Nord du Conservatoire, qui souhaite faire de l'ancien bidonville "une vitrine pour le Calais", "quelque chose qui n’existe nulle part en France, un site exceptionnel à côté d’un grand port".

Le centre Jules Ferry en juin 2015. © MaxPPP

© MaxPPP Le centre Jules Ferry en juin 2015.


Natacha Bouchart est d'accord pour céder le Centre Jules-Ferry au Conservatoire, car cette structure municipale ne sera plus réutilisée. "Il n'était ouvert que cinq semaines par an", rappelle-t-elle. "C'était un site un peu éloigné de l'environnement direct de la ville et des plaisirs des enfants. Le nouveau Centre Coluche, prévu pour 2018 dans la zone Coubertin près de la plage, va répondre à ces besoins avec un lieu qui sera ouvert toute l'année pour les enfants jusqu'à 11-12 ans." En revanche, le Conservatoire du Littoral, établissement public de l’État placé sous la tutelle du ministère de l’Environnement, devra prendre à sa charge la démolition et la dépollution du site, les bâtiments du Centre Jules-Ferry, inagurés en 1965, contenant... de l'amiante. "Les services municipaux ont fait une estimation à 300 000 / 400 000 euros", indique la maire. Les containers du Centre d'Accueil Provisoire (CAP) - toujours dans la zone nord - devront eux aussi être démontés si ce projet aboutit.

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